La Dose, Melvin Burgess

Bonjour !

Melvin Burgess est un auteur de romans pour adolescents britannique reconnu pour évoquer des sujets difficiles. Junk (deux adolescents de quatorze ans à la situation familiale compliquée errent dans les rues et deviennent des junkies) et Billy Elliot (un jeune garçon des quartiers populaires rêve de devenir danseur) font partie de ma liste de souhaits depuis longtemps. Pourtant, je suis tombée sur La Dose par hasard, et puis je suis tombée dedans !

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Le roman s’ouvre sur un concert historique. Le jeune chanteur, qui a tout pour lui, meurt sur scène. Il a consommé une dose de Raid : nouvelle drogue capable de faire vivre une semaine de rêve, la dernière de sa vie. Une révolution politique éclate et le Raid devient un phénomène de société : des centaines d’adolescents prennent du Raid et se rebellent à Manchester, puis dans tout le pays. Adam est un jeune normal, dont la vie bascule à cause de ces évènements. Dans un moment de désespoir, il décide de prendre une dose. Alors, tout s’accélère. Et s’il avait plus à perdre qu’il ne le croyait ?

L’auteur aborde de nombreuses problématiques actuelles, sans en adoucir les contours, osant plutôt l’exagération. La Dose se rapproche d’un roman d’anticipation, d’une dystopie, d’un thriller, mais en faisant toujours dans le sensationnel, le violent, le trash.  On y suit des adolescents confrontés à la drogue et à l’industrie de la drogue, à l’amour et à la sexualité, à la famille et à la responsabilité. En filigrane, la jeunesse se soulève contre la société capitaliste. La ville de Manchester se prête parfaitement, par son histoire, à ce récit très rock. On pourrait néanmoins regretter le manichéisme de l’univers décrit. En oubliant son invraisemblance, on est très vite happé par l’aventure d’Adam et son amie Lizzie.

C’est une lecture très forte bien que relativement simple, que je ne recommenderais pas avant le lycée. Un roman inoubliable à dévorer !

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Plus tard ou jamais (Call me by your name), André Aciman

Bonjour !

Joyeuse Saint Valentin ! Pour ceux qui la passent seuls, voici un roman qui pourrait vous distraire… Bien qu’il s’agisse de littérature étrangère, Plus tard ou jamais est un récit plutôt érotique contant, selon les acteurs de l’adaptation en interview « un été italien sensuel ». En parlant d’acteurs, c’est le moment de découvrir ce livre car, la sortie du film en France approchant, on risque d’en parler dans les semaines à venir 😉

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Si je ne propose pas un visuel plus personnel, c’est parce que je l’ai « lu » en version audio VO gratuite (avec une belle voix rauque) ici : idéal pour fermer les yeux et imaginer qu’il fait soleil !

Le jeune Elio vit dans une grande maison italienne où il voit défiler les intellectuels que ses parents accueillent chaque été. Un été de son adolescence en particulier va changer sa vie. Depuis qu’il le voit descendre de voiture, il se prend de passion pour Oliver, un jeune américain désinvolte et charmeur. Elio découvre les jeux de la séduction et la souffrance amoureuse, partagé entre son attirance pour sa voisine Marzia et son désir irrépressible pour Oliver.

La fièvre de cette découverte de la sexualité et le temps qui a passé depuis réduisent les souvenirs dont Elio fait le récit à quelques moments fulgurants, qu’il lui est impossible d’oublier. Sur un ton tantôt pudique, tantôt cru, il tente de décrire un âge d’or à jamais inaccessible.

Pour attiser votre curiosité, voici un indice sur la scène la plus marquante de l’histoire :

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Une adaptation cinématographique réalisée par Luca Guadagnino sortira le 22 février 2018 en France, mais elle suscite déjà un certain intérêt aux États-Unis. Le casting correspond assez bien à l’image que je m’étais faite des personnages, l’alchimie et le charme des acteurs fonctionnent mais le changement de format limite l’intensité des émotions et l’érotisme que l’on peut trouver à la lecture du roman. Pour vous faire votre propre avis, voici la bande-annonce.

 

Bonne lecture !

L’Aube sera grandiose, Anne-Laure Bondoux

Bonjour !

Pour ce premier article de 2018, voici mon retour (très en retard) sur la lecture d’un roman jeunesse publié chez Gallimard cette rentrée littéraire et récompensé par le prix Vendredi 2017 que l’on voit sur toutes les tables de librairies.

Equipez-vous de couvertures pour lire ce roman en une nuit : Titania, une romancière surnommée « fée du suspense » par la critique, emmène sa fille Nine dans une cabane isolée, bien loin de sa vie d’adolescente protégée. En une nuit, elle lui raconte l’histoire de sa famille et la sienne, construites sur une accumulation de secrets et mensonges. La réalité dépasse la fiction et Nine redécouvre son identité à travers une fresque familiale dont elle ignorait tout. Tout est lié, dans une perspective beaucoup plus large que ce que Nine connaissait jusqu’alors : la grande histoire (la mort de Balavoine et Coluche, la chute du mur de Berlin…) et la petite, celle de toute une famille dont elle ignorait l’existence. A l’aube, plus rien ne sera comme avant. Les révélations sont libératrices, soudent les liens familiaux et soulagent les individus qui y trouvent la certitude que, quoi qu’il arrive, ils seront toujours capables de s’en sortir.

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Anne-Laure Bondoux propose un récit enchâssé alternant, de chapitre en chapitre, les points de vue avec des flash-back et anecdotes de différentes époques et quelques retours sur la nuit où Titania se livre à Nine. Cette construction ne surprend plus vraiment dans un roman jeunesse/jeune adulte.

Le style est « propre », clair comme dans les bons livres jeunesse, mais c’est avant tout l’intrigue et les personnages qui font que ce roman se démarque. On découvre petit à petit une galerie de personnages aux teintes différentes, avec leurs passions, forces, faiblesses et décisions respectives. J’ai trouvé ces personnages plutôt originaux et attachants, bien que, comme souvent en littérature jeunesse, certains traits sont un peu grossis : des noms et pseudonymes grandiloquents, des hippies-révolutionnaires et des parents réacs assez clichés. On pourrait regretter le fait que le portrait d'(Anto)nine se limite à l’esquisse d’une adolescente moyenne (son sport, ses amies, son coup de coeur pour un garçon du même lycée) mais ce parti-pris me semble justifié dans le sens où l’on rencontre Nine au moment où elle prend conscience de qui elle est et de qui elle peut devenir. C’est plutôt sa mère qui mène le récit, ce qui est moins courant dans un roman jeunesse mais pas dérangeant puisqu’elle évoque principalement son enfance.

Le parcours familial qui nous est présenté est tout de même mouvementé et on ne s’ennuie pas à la lecture, d’autant plus que les descriptions occupent une part minime de ce roman -encore une caractéristique des livres jeunesse. Il y a bien du suspense, Titania tire un fil qui semble dérouler une pelote raisonnable -rassurez-vous, les surprises ne devraient pas vous faire tomber de votre chaise. Pourtant, je ne le qualifierais de page-turner : si vous devez faire une pause dans votre lecture, vous survivrez.

On trouve des dessins disséminés dans le roman, qui sont censés être l’oeuvre d’un personnage mais que l’on doit en réalité à la -vraie- fille de la -vraie- auteure. Il ne faudrait pas se limiter à considérer ces illustrations comme une insulte à l’intelligence du lecteur. C’est un petit plus qui nous aide à plonger dans cette histoire, à la rendre un peu plus plausible et à nous envelopper dans l’atmosphère rétro -le récit commence dans les années 1960.

En somme, c’est une lecture simple et douce, bien ficelée, à mettre entre les mains des jeunes lecteurs et des adultes souhaitant se laisser embarquer dans une bonne histoire sans rechercher de grands raffinements littéraires.

Bonne lecture !

La Camarguaise, Françoise Bourdin

Bonjour,

Aujourd’hui, je m’apprêtre à évoquer un de ces livres qu’on a tous oublié dans sa bibliothèque pendant plusieurs années… J’avais abandonné La Camarguaise jusqu’à découvrir sa sortie au format poche et décider de lui donner une nouvelle chance.

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Dans le Sud de la France, une jeune femme belle et vive doit faire des choix pour protéger les traditions qui lui sont chères tout en assurant le futur de sa famille et le sien. Pour sauvegarder la bastide familiale, le Biloba, au bord de la ruine, elle décide d’en faire un hôtel de luxe malgré les critiques de son entourage. Mais elle doit aussi aller de l’avant pour construire sa propre vie…
Si j’ai trouvé dépaysante cette plongée dans une vision -stéréotypée- de la Provence et de la Camargue traditionnelles et intéressant le personnage féminin indépendant et doué de force de caractère, le style et l’histoire ne m’ont pas semblé marquants.
Une lecture brève et peu exigeante, pertinente pour un voyage ou un week-end à l’intérieur.