L’Ami retrouvé, Fred Uhlman

Bonjour !

Dans cet article, je vais évoquer une lecture empruntée au programme de français du collège. En classe de quatrième/troisième, de nombreux professeurs abordent la question de l’antisémitisme à travers des œuvres relativement accessibles dont Inconnu à cette adresse de Kathrine Kressmann Taylor et L’Ami retrouvé de Fred Uhlman. Ces deux courts romans -dont le premier est épistolaire- montrent l’impact de la montée du nazisme sur une grande amitié entre un jeune homme juif et l’autre « aryen ». Ayant lu le premier au collège, j’ai été curieuse de découvrir le second qui a été prescrit à mon petit frère…

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Âgé de seize ans, Hans Schwarz, fils unique d’un médecin juif, fréquente le lycée de Stuttgart. Il est encore seul et sans ami véritable lorsque l’arrivée dans sa classe d’un garçon d’une famille protestante d’illustre ascendance lui permet de réaliser son exigeant idéal de l’amitié, tel que le lui fait concevoir l’exaltation romantique qui est souvent le propre de l’adolescence.
C’est en 1932 qu’a lieu cette rencontre, qui sera de courte durée, les troubles déclenchés par la venue de Hitler ayant fini par gagner la paisible ville de Stuttgart. Les parents de Hans, qui soupçonnent les vexations que subit le jeune homme au lycée, décident de l’envoyer en Amérique, où il fera sa carrière et s’efforcera de rayer de sa vie et d’oublier l’enfer de son passé. Ce passé qui se rappellera un jour à lui de façon tragique.

Si mon souvenir d’Inconnu à cette adresse n’est plus très frais, je trouve qu’il est plus adapté à de jeunes adolescents que L’Ami retrouvé or, plus âgée, j’ai une préférence pour ce-dernier. Pour cause, dans « l’exaltation romantique qui est souvent le propre de l’adolescence », Hans et Conrad ont des discussions assez riches concernant la religion et la culture savante allemande qui, selon moi, seront mieux comprises par des lycéens et pourraient refroidir ceux qui ne maîtrisent pas ces références. C’est pourtant ce qui m’a rendu cette lecture plus émouvante, car je me suis très facilement identifiée aux deux personnages à leur âge. Sans vous spoiler quoi que ce soit, je précise que le retournement de situation final, en seulement dix mots, bouleverse. Tout est dit, même dans les temps les plus difficiles, les préjugés ne sont pas toujours justifiés.

Bref mais efficace, L’Ami retrouvé est un joli texte sur les conséquences du nazisme et l’amitié.

Quelles lectures conseillez-vous sur le thème de la Seconde Guerre mondiale ?

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Treize raisons, Jay Asher

Bonjour !

Voici une chronique sur un roman pour adolescents lu en anglais, que je conseille à ceux qui veulent s’améliorer sans trop d’efforts.

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Bande-annonce par ici !

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J’ai connu Treize raisons de Jay Asher quand sa traduction française est sortie il y a quelques années (est-ce que cela fait de moi une vieille ??). Le résumé m’intéressait mais je ne l’avais jamais vraiment lu, jusqu’à, récemment, ce que j’entende que Selena Gomez l’adaptait sous forme d’une série Netflix.

Clay reçoit une boîte de cassettes enregistrées par Hannah, son premier amour, deux semaines plus tôt, avant de se suicider. Sa voix y explique à treize personnes en quoi ils ont changé sa vie, lui donnant treize raisons d’y mettre fin. Chaque détail compte et aucun ne doit être oublié.

Ce livre a été une bonne surprise. La forme, alternant entre les enregistrements de Hannah et les réactions de Clay en les écoutant est originale et le suspense fonctionne. Dans ce roman, on trouve bien des fêtes arrosées, des filles superficielles et des goujats mais l’intrigue et les personnages sont plus complexes que d’habitude. L’histoire d’amour et les méchancetés qui arrivent à Hannah au lycée ne sont pas le centre du livre. Il s’agit de rappeler avec justesse combien les émotions des adolescents sont fortes et fragiles. En effet, Hannah a perdu espoir et arrêté de se battre à cause d’événements qui lui auraient paru dérisoires quelques années plus tard. Elle pensait que personne ne pouvait l’aider alors que plusieurs personnes attendaient qu’elle leur parle de ses problèmes. Ce personnage m’a rappelé que les mauvais moments de la vie sociale semblaient insurmontables quand j’étais légèrement plus jeune qu’elle. Pour une fois, les ados ne sont pas simplement montrés comme stupides mais aussi sensibles.

Ce roman n’est pas d’une grande qualité littéraire mais il se démarque sur des étagères pleines de romans pour adolescents.

Personnellement, je ne pense pas qu’on puisse faire une bonne adaptation de ce livre à l’écran sans tomber dans une succession chronologique de flashbacks plats. Et puis, honnêtement, le livre, en VF et même en VO, est suffisamment rapide à lire pour ne pas avoir la paresse de le regarder. Êtes-vous curieux de voir le travail de Selena Gomez ?

J’allais oublier de vous dire que vous pouvez écouter des morceaux des cassettes de Hannah (en anglais) ici ! Je vous conseille d’attendre d’avoir fini le livre pour éviter les spoilers.

Un peu de vocabulaire ne peut pas faire de mal…

  • Rewind = rembobiner
  • Fast-forward = accélérer
  • Wiper blades = essuie-glaces

Petit plus que je vous conseille vivement ! Les SWMRS sont un tout jeune groupe avec pour batteur Joey Armstrong, fils du chanteur de Green Day. Quel est le rapport avec mon article ? Leur chanson Hannah me semble traduire l’ambiance de ce livre en musique… Et je soutiens les Armstrong tous les jours :p Alors cliquez ici, s’il-vous plaît.

The Giver (Le Passeur)

Bonjour!

Entre deux tags, je glisse un mot sur l’adaptation du Passeur de Lois Lowry que je vous avais présenté ici. En cas de trou de mémoire, pensez à jeter un coup d’oeil au résumé que j’en avais fait!

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D’un point de vue esthétique plutôt général, j’ai apprécié la sobriété du film. En effet, on n’y trouve pas d’explosions de sentiments ni de violence, et pas de sophistication exagérée de l’univers dystopien. Les décors et costumes sont minimalistes donc lisible, et le jeu des acteurs (notamment celui de Meryl Streep) est « net » et « mesuré ». Ainsi, l’attention du spectateur est concentrée sur l’essentiel: l’évolution du personnage de Jonas.

La première moitié de l’adaptation est très fidèle. Pourtant, la simplicité du traitement du contexte fait qu’on survole un monde intéressant sans qu’il ne soit expliqué comme dans le livre. Au contraire, dans la seconde moitié du film, la fuite (à travers des paysages magnifiques) est étoffée par un début de guerre qui en fait un parfait SF pour adolescents. Cependant, cette guerre n’est pas aboutie et ajoute un suspens à la fin du film qui n’existait pas dans la clôture du roman. Il est toutefois nécessaire de rappeler qu’il y a très peu de marge de manoeuvre entre l’évasion de Jonas et le moment où il traverse la frontière pour y insérer une action. C’est donc un changement compliqué que je ne trouve pas important.

En somme, le film est assez réussi, mais ne remplace pas le roman!

Delirium (Livre 3 – Requiem + Hana), Lauren Oliver

Bonjour !

Comme promis, voici une chronique! Rien d’inattendu pourtant, puisque je viens de terminer la saga Delirium de Lauren Oliver, dont je vous ai déjà présenté les deux premiers volumes. Let’s go !

Le livre 3 est la mise en pratique des idées installées dans les précédents: autour de Lena et de ses proches réunis, la Résistance s’organise. Il s’agit de faire tomber les murs entre Vulnérables et Invulnérables,  entre la ville et la Nature, ceux des interdits et des non-dits. A la clé, la liberté, l’unité et de nombreuses révélations !

On retrouve tous les ingrédients d’une dystopie pour adolescents: style clair, récit à deux voix, amours troublées, révolution, suspens faible… Ici, le tout fonctionne à merveille: le récit est très entraînant, les personnages attachants, le triangle amoureux frustrant, les pertes émouvantes. A la fin est énoncée la morale pro-liberté que l’on sentait, sous-jacente, dès le premier livre. Selon moi, cela renforce le message mais semble infantilisant.delirium,-tome-3-593013

La nouvelle Hana est incluse dans l’édition de poche. C’est l’histoire de la meilleure amie de Lena, laissée de côté depuis l’entrée en scène d’Alex, jusqu’au Protocole, opération traditionnellement effectuée à l’âge de 18 ans pour retirer la partie du cerveau responsable des sentiments.

Rien de surprenant ici non plus: le prequel/sequel montre comment le « méchant » a été conduit à la faute, exactement comme, par exemple, L’Appel du sang : La Seconde Vie de Bree Tanner dans la saga Twilight de Stephenie Meyer. Pourtant, je considère Hana comme un échec. Pour cause, on n’y apprend rien qui n’ait été évoqué dans la série principale et les approfondissements apportés n’ont guère d’effet sur notre vision de l’histoire. En effet, j’ai ressenti une forte impression de déjà-vu ou de simple récapitulatif en lisant cette nouvelle à l’issue de laquelle mon jugement concernant Hana n’a pas changé.

En bref, Lauren Oliver a, pour Delirium, suivi à la lettre les codes du fantastique pour adolescents. Cette méthode porte ses fruits dans les trois livres que j’ai trouvés efficacement captivants et émouvants, bien que peu mystérieux. En revanche, si l’auteur a jugé important de clarifier un passage de l’histoire dans la nouvelle Hana, je ne pense pas que cette lecture soit nécessaire pour tout comprendre. Attention pourtant à ne pas lire Hana avant d’avoir terminé le reste, au risque de se spoiler certains détails !

Je recommande la trilogie Delirium qui « fait très bien son travail » de romance fantastique pour les adolescents (dès 13 ou 14 ans), grands lecteurs ou non !