Plus tard ou jamais (Call me by your name), André Aciman

Bonjour !

Joyeuse Saint Valentin ! Pour ceux qui la passent seuls, voici un roman qui pourrait vous distraire… Bien qu’il s’agisse de littérature étrangère, Plus tard ou jamais est un récit plutôt érotique contant, selon les acteurs de l’adaptation en interview « un été italien sensuel ». En parlant d’acteurs, c’est le moment de découvrir ce livre car, la sortie du film en France approchant, on risque d’en parler dans les semaines à venir 😉

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Si je ne propose pas un visuel plus personnel, c’est parce que je l’ai « lu » en version audio VO gratuite (avec une belle voix rauque) ici : idéal pour fermer les yeux et imaginer qu’il fait soleil !

Le jeune Elio vit dans une grande maison italienne où il voit défiler les intellectuels que ses parents accueillent chaque été. Un été de son adolescence en particulier va changer sa vie. Depuis qu’il le voit descendre de voiture, il se prend de passion pour Oliver, un jeune américain désinvolte et charmeur. Elio découvre les jeux de la séduction et la souffrance amoureuse, partagé entre son attirance pour sa voisine Marzia et son désir irrépressible pour Oliver.

La fièvre de cette découverte de la sexualité et le temps qui a passé depuis réduisent les souvenirs dont Elio fait le récit à quelques moments fulgurants, qu’il lui est impossible d’oublier. Sur un ton tantôt pudique, tantôt cru, il tente de décrire un âge d’or à jamais inaccessible.

Pour attiser votre curiosité, voici un indice sur la scène la plus marquante de l’histoire :

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Une adaptation cinématographique réalisée par Luca Guadagnino sortira le 22 février 2018 en France, mais elle suscite déjà un certain intérêt aux États-Unis. Le casting correspond assez bien à l’image que je m’étais faite des personnages, l’alchimie et le charme des acteurs fonctionnent mais le changement de format limite l’intensité des émotions et l’érotisme que l’on peut trouver à la lecture du roman. Pour vous faire votre propre avis, voici la bande-annonce.

 

Bonne lecture !

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Vivre vite, Philippe Besson

Bonjour, bonjour !

Envie d’apprendre quelques choses de manière agréable ? Pour cela, les non-fictions sont une bonne solution, notamment les biographies romancées. Sur ce blog, j’ai d’ailleurs déjà présenté Oona & Salinger de Frédéric Beigbeder, Charlotte et Lennon de David Foenkinos. Aujourd’hui, je vais vous parler de Vivre vite de Philippe Besson qui s’intéresse à James Dean.

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En trois films et un crash automobile, James Dean devient l’icône intemporelle de la jeunesse dont la force vive fera tomber les tabous. Cette image est pourtant réductrice de la complexité, de l’ambiguïté de sa personnalité l’enveloppant d’une certaine aura de mystère, qui fait une part de sa sensualité. Derrière son apparente désinvolture, Jimmy fait tout à fond, de la poursuite de son rêve de devenir acteur et sa recherche de la vitesse jusqu’à ses coups de tête. Philippe Besson compose un roman choral, laissant ceux qui ont croisé la route de Jimmy la baliser par de petites touches, des évènements intimes parfois infimes, pour montrer les nuances de l’existence tumultueuse du jeune prodige.
« Il faut vivre vite, mourir jeune, et faire un beau cadavre » aimait-il citer. Provocateur, fragile, cassé, beau, il s’est écrasé comme une comète en 1955 à bord de sa Porsche Spyder 550, à 24 ans.

Vivre vite est très synthétique et romancé, donc il pourra paraître creux aux spécialistes de James Dean ou de littérature. Pour ma part, j’ai passé un bon -et bref- moment et appris quelques éléments. Je chéris un peu plus l’image forte -probablement fortement déformée- que James Dean a laissée : un sale gosse angélique. Le roman n’est pas mauvais mais doit avant tout son attrait à son sujet.

Selon vous, existe-t-il aujourd’hui des personnalités symboliques ?

Treize raisons, Jay Asher

Bonjour !

Voici une chronique sur un roman pour adolescents lu en anglais, que je conseille à ceux qui veulent s’améliorer sans trop d’efforts.

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Bande-annonce par ici !

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J’ai connu Treize raisons de Jay Asher quand sa traduction française est sortie il y a quelques années (est-ce que cela fait de moi une vieille ??). Le résumé m’intéressait mais je ne l’avais jamais vraiment lu, jusqu’à, récemment, ce que j’entende que Selena Gomez l’adaptait sous forme d’une série Netflix.

Clay reçoit une boîte de cassettes enregistrées par Hannah, son premier amour, deux semaines plus tôt, avant de se suicider. Sa voix y explique à treize personnes en quoi ils ont changé sa vie, lui donnant treize raisons d’y mettre fin. Chaque détail compte et aucun ne doit être oublié.

Ce livre a été une bonne surprise. La forme, alternant entre les enregistrements de Hannah et les réactions de Clay en les écoutant est originale et le suspense fonctionne. Dans ce roman, on trouve bien des fêtes arrosées, des filles superficielles et des goujats mais l’intrigue et les personnages sont plus complexes que d’habitude. L’histoire d’amour et les méchancetés qui arrivent à Hannah au lycée ne sont pas le centre du livre. Il s’agit de rappeler avec justesse combien les émotions des adolescents sont fortes et fragiles. En effet, Hannah a perdu espoir et arrêté de se battre à cause d’événements qui lui auraient paru dérisoires quelques années plus tard. Elle pensait que personne ne pouvait l’aider alors que plusieurs personnes attendaient qu’elle leur parle de ses problèmes. Ce personnage m’a rappelé que les mauvais moments de la vie sociale semblaient insurmontables quand j’étais légèrement plus jeune qu’elle. Pour une fois, les ados ne sont pas simplement montrés comme stupides mais aussi sensibles.

Ce roman n’est pas d’une grande qualité littéraire mais il se démarque sur des étagères pleines de romans pour adolescents.

Personnellement, je ne pense pas qu’on puisse faire une bonne adaptation de ce livre à l’écran sans tomber dans une succession chronologique de flashbacks plats. Et puis, honnêtement, le livre, en VF et même en VO, est suffisamment rapide à lire pour ne pas avoir la paresse de le regarder. Êtes-vous curieux de voir le travail de Selena Gomez ?

J’allais oublier de vous dire que vous pouvez écouter des morceaux des cassettes de Hannah (en anglais) ici ! Je vous conseille d’attendre d’avoir fini le livre pour éviter les spoilers.

Un peu de vocabulaire ne peut pas faire de mal…

  • Rewind = rembobiner
  • Fast-forward = accélérer
  • Wiper blades = essuie-glaces

Petit plus que je vous conseille vivement ! Les SWMRS sont un tout jeune groupe avec pour batteur Joey Armstrong, fils du chanteur de Green Day. Quel est le rapport avec mon article ? Leur chanson Hannah me semble traduire l’ambiance de ce livre en musique… Et je soutiens les Armstrong tous les jours :p Alors cliquez ici, s’il-vous plaît.

The Giver (Le Passeur)

Bonjour!

Entre deux tags, je glisse un mot sur l’adaptation du Passeur de Lois Lowry que je vous avais présenté ici. En cas de trou de mémoire, pensez à jeter un coup d’oeil au résumé que j’en avais fait!

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D’un point de vue esthétique plutôt général, j’ai apprécié la sobriété du film. En effet, on n’y trouve pas d’explosions de sentiments ni de violence, et pas de sophistication exagérée de l’univers dystopien. Les décors et costumes sont minimalistes donc lisible, et le jeu des acteurs (notamment celui de Meryl Streep) est « net » et « mesuré ». Ainsi, l’attention du spectateur est concentrée sur l’essentiel: l’évolution du personnage de Jonas.

La première moitié de l’adaptation est très fidèle. Pourtant, la simplicité du traitement du contexte fait qu’on survole un monde intéressant sans qu’il ne soit expliqué comme dans le livre. Au contraire, dans la seconde moitié du film, la fuite (à travers des paysages magnifiques) est étoffée par un début de guerre qui en fait un parfait SF pour adolescents. Cependant, cette guerre n’est pas aboutie et ajoute un suspens à la fin du film qui n’existait pas dans la clôture du roman. Il est toutefois nécessaire de rappeler qu’il y a très peu de marge de manoeuvre entre l’évasion de Jonas et le moment où il traverse la frontière pour y insérer une action. C’est donc un changement compliqué que je ne trouve pas important.

En somme, le film est assez réussi, mais ne remplace pas le roman!