Le Wagon plombé suivi de Voyage en Russie et Sur Maxime Gorki, Stefan Zweig

Bonjour !

Si vous avez exploré les chroniques de ce blog, vous vous êtes sûrement aperçu du fait que je ne me lasse pas de la plume de Stefan Zweig ! Je vous ai déjà présenté :

Sans compter les nombreuses mentions de ces titres dans mes digressions ni Le Joueur d’échecs que j’ai lu avant l’ouverture de BDP… J’espère que cela dure ! Si vous me suivez sur Livraddict, vous aurez peut-être remarqué que je viens de terminer un livre de Zweig… et d’en acheter un nouveau d’avance :p

Le sujet de cet article est un recueil de textes plus historiques que fictifs comme mes précédentes lectures.

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Cette nouvelle édition est liée avec le centenaire de la révolution russe d’octobre 1917. En effet, Zweig s’est intéressé à la Russie de la révolution et a écrit un court texte sur le retour de Lénine en train, un récit de son propre voyage dans le pays en 1928 et un éloge du poète Maxime Gorki qu’il avait alors pu rencontrer.

Le Wagon plombé montre l’obstination de Lénine pour défendre sa vision de la révolution, quitte à prendre le risque de traverser des pays adversaires pour retourner en Russie comme clandestin. En avril 1917, il juge que la révolution en Russie n’est pas celle des prolétaires que prédisait Marx et décide de réagir. Pour ceux qui, comme moi, ont des connaissances limitées sur le sujet, ce court texte permet d’en apprendre un peu sur un petit événement qui a changé le cours de l’histoire mondiale.

Voyage en Russie, comme son titre l’indique, regroupe les observations de Zweig lors de sa visite dans ce pays. Il s’émerveille à la fois de ses richesses culturelles héritées de l’époque des tsars et de sa discipline depuis la révolution, de sa diversité et de sa solidarité. L’auteur se veut témoin plutôt que juge, comme Gorki, homme issu du peuple russe qui a écrit le peuple russe. S’il est intéressant de lire ce qu’un européen a pu voir en Russie sous le régime soviétique, je ne pense pas qu’il s’agisse d’un point de vue objectif. J’ai ressenti la grande impression qu’avait faite la Russie sur Zweig en étant différente de tout ce qu’il connaissait jusqu’alors. Il ne faut pas oublier qu’il a effectué un parcours plutôt touristique. En ce qui concerne la réalité sociale dont il a eu un aperçu, il loue les sacrifices des plus lésés par la mise en place du nouveau régime sans s’arrêter aux souffrances de ces personnes.

Sur Maxime Gorki présente en termes très élogieux ce poète russe issu du prolétariat, contrairement à la noblesse intellectuelle qui dominait jusqu’à la révolution avec des auteurs tels que Tolstoï ou Dostoïevski. Après une jeunesse difficile au cœur du peuple, Gorki est devenu la première grande voix de ce peuple alors analphabète. Encore une fois, ce texte m’a apporté quelques informations concernant un poète que je ne connaissais que de nom mais reste un éloge à lire avec du recul.

J’ai aimé découvrir une facette plus ouvertement politique et subjective de Zweig et en apprendre plus sur l’URSS avec un point de vue d’époque. Cependant, il me semble que Zweig n’a pas réussi à suivre sa volonté d’objectivité jusqu’au bout, donc que ces trois textes ne sont pas à prendre au pied de la lettre.

Vous êtes-vous replongés dans l’histoire à l’occasion de ce centenaire ?

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L’Ami retrouvé, Fred Uhlman

Bonjour !

Dans cet article, je vais évoquer une lecture empruntée au programme de français du collège. En classe de quatrième/troisième, de nombreux professeurs abordent la question de l’antisémitisme à travers des œuvres relativement accessibles dont Inconnu à cette adresse de Kathrine Kressmann Taylor et L’Ami retrouvé de Fred Uhlman. Ces deux courts romans -dont le premier est épistolaire- montrent l’impact de la montée du nazisme sur une grande amitié entre un jeune homme juif et l’autre « aryen ». Ayant lu le premier au collège, j’ai été curieuse de découvrir le second qui a été prescrit à mon petit frère…

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Âgé de seize ans, Hans Schwarz, fils unique d’un médecin juif, fréquente le lycée de Stuttgart. Il est encore seul et sans ami véritable lorsque l’arrivée dans sa classe d’un garçon d’une famille protestante d’illustre ascendance lui permet de réaliser son exigeant idéal de l’amitié, tel que le lui fait concevoir l’exaltation romantique qui est souvent le propre de l’adolescence.
C’est en 1932 qu’a lieu cette rencontre, qui sera de courte durée, les troubles déclenchés par la venue de Hitler ayant fini par gagner la paisible ville de Stuttgart. Les parents de Hans, qui soupçonnent les vexations que subit le jeune homme au lycée, décident de l’envoyer en Amérique, où il fera sa carrière et s’efforcera de rayer de sa vie et d’oublier l’enfer de son passé. Ce passé qui se rappellera un jour à lui de façon tragique.

Si mon souvenir d’Inconnu à cette adresse n’est plus très frais, je trouve qu’il est plus adapté à de jeunes adolescents que L’Ami retrouvé or, plus âgée, j’ai une préférence pour ce-dernier. Pour cause, dans « l’exaltation romantique qui est souvent le propre de l’adolescence », Hans et Conrad ont des discussions assez riches concernant la religion et la culture savante allemande qui, selon moi, seront mieux comprises par des lycéens et pourraient refroidir ceux qui ne maîtrisent pas ces références. C’est pourtant ce qui m’a rendu cette lecture plus émouvante, car je me suis très facilement identifiée aux deux personnages à leur âge. Sans vous spoiler quoi que ce soit, je précise que le retournement de situation final, en seulement dix mots, bouleverse. Tout est dit, même dans les temps les plus difficiles, les préjugés ne sont pas toujours justifiés.

Bref mais efficace, L’Ami retrouvé est un joli texte sur les conséquences du nazisme et l’amitié.

Quelles lectures conseillez-vous sur le thème de la Seconde Guerre mondiale ?

Marie-Antoinette, Collectif

Bonjour !

En ce mercredi, jour des enfants, voici un bref article sur un album.

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Je suis tombée amoureuse de Quelle Histoire Editions! C’est une maison d’édition française dont les livres sont produits en France. Elle propose environ 70 livres pour les 6-10 ans qui abordent autant de sujets et personnages historiques de manière ludique. Le petit format et le petit prix des livres donne envie de les collectionner. Les mini-biographies reprennent les dates essentielles avec des mots simples et des illustrations fraîches. De plus, à la fin du livre, une frise chronologique et de rapides portraits aident à situer la personne biographiée dans son contexte. On trouve même des jeux pour mieux mémoriser ce que l’on vient d’apprendre ! Pour vous les offrir ou pour en savoir plus, vous pouvez consulter ce site.

J’ai moi-même appris des choses et je trouve que c’est un cadeau idéal pour qu’un enfant apprenne en s’amusant ! Une seule limite : il ne faut pas rechercher une très grande précision historique.

Bonne lecture !

Petit pays, Gaël Faye

Bonjour !

Très en retard sur la rentrée de septembre 2016, je me lance dans une énième chronique sur Petit pays -qui ne sera pas la meilleure que vous ayiez lue- simplement parce que j’ai aimé cette lecture.

En septembre, je n’avais pas prévu de le lire. Depuis, j’en ai entendu chanter les louanges et j’ai pu voir Gaël Faye le temps d’une interview, d’un peu de slam et d’une dédicace. J’étais convaincue, mais il a fallu que je termine des lectures en cours avant de lire ce roman -qui a été récompensé par le Prix du roman Fnac, le Prix Goncourt des lycéens, le Prix du premier roman et le Prix des étudiants France Culture.
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Le narrateur et alter-ego de l’auteur, Gabriel, se remémore son enfance dans une impasse de Bujumbura au Burundi (pays voisin du Rwanda) au début des années 1990. Dans un quartier confortable, il coule une enfance insouciante avec son père français, sa mère rwandaise et toute sa famille, sa petite soeur Ana et sa bande de copains avec qui il fait les quatre cents coups. Cependant, une violence qu’il ne comprend pas encercle son petit havre de paix quand éclate la guerre civile entre les Hutus et les Tutsis au Burundi et au Rwanda. Bien qu’il se raccroche à son bonheur et son innocence en se plongeant dans les livres avec la bienveillance d’une voisine érudite, rien ne sera plus comme avant.

Ce que j’ai retenu de l’intervention de l’auteur :

  • Les sensations, plutôt que les péripéties que l’on peut lire dans le roman ont une dimension autobiographique.
  • Ce qui se passe à la maison peut être beaucoup plus traumatisant que ce qui se passe à l’extérieur.
  • L’adulte, pour l’enfant, représente la norme.
  • A-t-on vraiment le droit d’être neutre ? Peut-on regarder la vie en spectateur ou faut-il s’engager ?
  • L’impasse est à la fois cocon et piège.
  • La littérature permet de s’échapper du quotidien.
  • L’écriture a ouvert les portes des livres à Gaël Faye puisqu’il a voulu savoir comment les autres écrivaient, et elle est devenue son impasse.

Bonus musical :

Comme je l’ai précisé en haut de cet article, Gaël Faye, en plus de son roman, a écrit du slam. Si sa musique n’est pas à mon goût, je dois reconnaître que ses textes restent intéressants. Aussi, je vous laisse écouter Petit Pays.

Je ne regrette pas d’avoir découvert un morceau d’Histoire que je ne connaissais pas. J’ai apprécié la forme, le style émouvant auquel je ne trouve rien de particulier à redire, ce qui est louable pour un premier roman.

Avez-vous lu Petit pays ? Qu’en avez-vous pensé ?