Marie-Antoinette, Collectif

Bonjour !

En ce mercredi, jour des enfants, voici un bref article sur un album.

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Je suis tombée amoureuse de Quelle Histoire Editions! C’est une maison d’édition française dont les livres sont produits en France. Elle propose environ 70 livres pour les 6-10 ans qui abordent autant de sujets et personnages historiques de manière ludique. Le petit format et le petit prix des livres donne envie de les collectionner. Les mini-biographies reprennent les dates essentielles avec des mots simples et des illustrations fraîches. De plus, à la fin du livre, une frise chronologique et de rapides portraits aident à situer la personne biographiée dans son contexte. On trouve même des jeux pour mieux mémoriser ce que l’on vient d’apprendre ! Pour vous les offrir ou pour en savoir plus, vous pouvez consulter ce site.

J’ai moi-même appris des choses et je trouve que c’est un cadeau idéal pour qu’un enfant apprenne en s’amusant ! Une seule limite : il ne faut pas rechercher une très grande précision historique.

Bonne lecture !

Petit pays, Gaël Faye

Bonjour !

Très en retard sur la rentrée de septembre 2016, je me lance dans une énième chronique sur Petit pays -qui ne sera pas la meilleure que vous ayiez lue- simplement parce que j’ai aimé cette lecture.

En septembre, je n’avais pas prévu de le lire. Depuis, j’en ai entendu chanter les louanges et j’ai pu voir Gaël Faye le temps d’une interview, d’un peu de slam et d’une dédicace. J’étais convaincue, mais il a fallu que je termine des lectures en cours avant de lire ce roman -qui a été récompensé par le Prix du roman Fnac, le Prix Goncourt des lycéens, le Prix du premier roman et le Prix des étudiants France Culture.
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Le narrateur et alter-ego de l’auteur, Gabriel, se remémore son enfance dans une impasse de Bujumbura au Burundi (pays voisin du Rwanda) au début des années 1990. Dans un quartier confortable, il coule une enfance insouciante avec son père français, sa mère rwandaise et toute sa famille, sa petite soeur Ana et sa bande de copains avec qui il fait les quatre cents coups. Cependant, une violence qu’il ne comprend pas encercle son petit havre de paix quand éclate la guerre civile entre les Hutus et les Tutsis au Burundi et au Rwanda. Bien qu’il se raccroche à son bonheur et son innocence en se plongeant dans les livres avec la bienveillance d’une voisine érudite, rien ne sera plus comme avant.

Ce que j’ai retenu de l’intervention de l’auteur :

  • Les sensations, plutôt que les péripéties que l’on peut lire dans le roman ont une dimension autobiographique.
  • Ce qui se passe à la maison peut être beaucoup plus traumatisant que ce qui se passe à l’extérieur.
  • L’adulte, pour l’enfant, représente la norme.
  • A-t-on vraiment le droit d’être neutre ? Peut-on regarder la vie en spectateur ou faut-il s’engager ?
  • L’impasse est à la fois cocon et piège.
  • La littérature permet de s’échapper du quotidien.
  • L’écriture a ouvert les portes des livres à Gaël Faye puisqu’il a voulu savoir comment les autres écrivaient, et elle est devenue son impasse.

Bonus musical :

Comme je l’ai précisé en haut de cet article, Gaël Faye, en plus de son roman, a écrit du slam. Si sa musique n’est pas à mon goût, je dois reconnaître que ses textes restent intéressants. Aussi, je vous laisse écouter Petit Pays.

Je ne regrette pas d’avoir découvert un morceau d’Histoire que je ne connaissais pas. J’ai apprécié la forme, le style émouvant auquel je ne trouve rien de particulier à redire, ce qui est louable pour un premier roman.

Avez-vous lu Petit pays ? Qu’en avez-vous pensé ?

Vivre vite, Philippe Besson

Bonjour, bonjour !

Envie d’apprendre quelques choses de manière agréable ? Pour cela, les non-fictions sont une bonne solution, notamment les biographies romancées. Sur ce blog, j’ai d’ailleurs déjà présenté Oona & Salinger de Frédéric Beigbeder, Charlotte et Lennon de David Foenkinos. Aujourd’hui, je vais vous parler de Vivre vite de Philippe Besson qui s’intéresse à James Dean.

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En trois films et un crash automobile, James Dean devient l’icône intemporelle de la jeunesse dont la force vive fera tomber les tabous. Cette image est pourtant réductrice de la complexité, de l’ambiguïté de sa personnalité l’enveloppant d’une certaine aura de mystère, qui fait une part de sa sensualité. Derrière son apparente désinvolture, Jimmy fait tout à fond, de la poursuite de son rêve de devenir acteur et sa recherche de la vitesse jusqu’à ses coups de tête. Philippe Besson compose un roman choral, laissant ceux qui ont croisé la route de Jimmy la baliser par de petites touches, des évènements intimes parfois infimes, pour montrer les nuances de l’existence tumultueuse du jeune prodige.
« Il faut vivre vite, mourir jeune, et faire un beau cadavre » aimait-il citer. Provocateur, fragile, cassé, beau, il s’est écrasé comme une comète en 1955 à bord de sa Porsche Spyder 550, à 24 ans.

Vivre vite est très synthétique et romancé, donc il pourra paraître creux aux spécialistes de James Dean ou de littérature. Pour ma part, j’ai passé un bon -et bref- moment et appris quelques éléments. Je chéris un peu plus l’image forte -probablement fortement déformée- que James Dean a laissée : un sale gosse angélique. Le roman n’est pas mauvais mais doit avant tout son attrait à son sujet.

Selon vous, existe-t-il aujourd’hui des personnalités symboliques ?

Deux grandes fresques familiales

Bonjour !

Aujourd’hui, je tente un rapprochement entre Le Dieu des Petits Riens d’Arundhati Roy et Les Cinq quartiers de l’orange de Joanne Harris, en espérant ne comettre aucun outrage irréparable…

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Le Dieu des Petits Riens est un chef-d’oeuvre de l’auteure engagée indienne Arundhati Roy, récompensé par le Booker Prize en 1997. J’ai lu ce roman il y a quelques mois, ayant eu l’opportunité d’assister à une conférence d’Arundhati Roy. Pourtant, je n’ai pas immédiatement évoqué cette lecture sur le blog. Pour cause, je n’osais pas écrire au sujet d’une oeuvre vraiment unique et reconnue internationallement comme telle, et encore moins la femme impressionnante qui l’a écrite.

Rahel Kochamma revient dans son village natal pour y retrouver son jumeau Estha. Aussi, le lecteur suit le flux de sa conscience, au fil des bribes de souvenirs de son enfance, jusqu’au drame qui y a mis fin. A l’âge de huit ans, les jumeaux vivaient dans une Inde rurale paralysée par le système des castes ou couvaient des idées marxistes, entourés de leur grand-mère Mammachi, de leur oncle Chacko, de leur grand-tante Baby Kochamma, de leur mère Ammu et de Velutha, un Intouchable. Tous ont perdu un ou plusieurs êtres aimés. « Qui aimer, comment et jusqu’ où »?

C’est un roman émouvant et plein de suspense qui m’a appris des choses sur l’Inde.

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De Joanne Harris, j’ai lu Chocolat, qui est probablement son oeuvre la plus connue depuis son adaptation au cinéma avec Johnny Depp, il y a trois ans. C’est donc confiante que j’ai récemment commencé à lire Les Cinq quartiers de l’orange.

Quatrième de couverture : Lorsque Framboise Simon revient dans le village de son enfance sur les rives de la Loire, personne ne reconnaît la fille de la scandaleuse Mirabelle Dartigen, tenue pour responsable de l’exécution de onze villageois pendant l’occupation allemande, cinquante ans auparavant. Framboise ouvre une auberge qui, grâce aux délicieuses recettes de sa mère, retient l’attention des critiques, mais suscite les jalousies de sa famille.
Le carnet de recettes de Mirabelle recèle des secrets qui donneront à Framboise la clé de ces années sombres. Peu à peu, elle découvrira la véritable personnalité de sa mère, parfois si tendre, maternelle et sensuelle, subitement cruelle et tourmentée. En temps de guerre, les jeux d’enfants et les histoires d’amour ne sont pas toujours innocents. Leurs conséquences peuvent même être tragiques.

J’ai apprécié cette façon originale d’aborder le sujet brûlant de l’Occupation allemande en France au cours de la Seconde guerre mondiale. Joanne Harris en évoque les conséquences sur la vie à la campagne, avec ses secrets et ses commérages. Dans ce roman, rien n’est manichéen : la mère sévère a ses faiblesses, le courage du frère aîné ses limites, les allemands, cruels, peuvent faire preuve d’humanité… C’est toujours l’amour qui conduit à des actions aux conséquences incalculées. Derrière la grande Histoire, il y a de plus petites histoires, celles que nos ancêtres pourraient nous raconter.

Si Le Dieu des Petits Riens est une oeuvre à la qualité reconnue, il est dommage qu’on ne connaisse pas davantage Les Cinq quartiers de l’orange qui est selon moi un trésor !

Les points communs :

  • Un milieu rural modeste devenu malsain dans un contexte historique cruel.
  • Un fleuve comme symbole du danger.
  • Des familles déchirées.
  • Des souvenirs qui tournent en rond pour retarder l’évocation du point de non retour.
  • Les bons moments ne sont pas omis.
  • Le point de vue d’un enfant qui joue à des jeux dangereux.
  • Une vision terre à terre, réaliste et critique d’une société à une époque « taboue ».
  • La dernière page est une page d’amour.

Je ne peux que vous recommander la lecture de ces deux romans poignants !