Frankenstein ou Le Prométhée moderne, Mary Shelley

Bonjour !

Pour faire la transition avec la période d’Halloween, je vous propose un retour sur un classique du roman gothique anglais !

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Un jeune homme nommé Walton décide, malgré les mises en garde de son entourage, d’entreprendre un grand voyage vers le pôle Nord dans l’espoir de trouver une nouvelle route maritime. Il sauve la vie d’un homme au milieu de la banquise : Frankenstein. Ce-dernier lui raconte son destin tragique et Walton retranscrit le récit par écrit.

Prométhée est le personnage mythique ayant volé le savoir divin pour le donner aux hommes, êtres dépourvus d’armes pour se défendre. Zeus l’a condamné à se faire dévorer le foie par un aigle chaque jour et renaître chaque nuit.

Frankenstein a vécu une enfance idyllique. Mu par sa passion pour la science, il a mené des recherches jusqu’à découvrir un moyen d’insuffler la vie. Néanmoins, à la vue de sa créature répugnante, il a compris qu’il était allé trop loin et a fui ses responsabilités en abandonnant le « monstre ». Il n’échappera pourtant pas aux circonstances de son acte qui détruiront sa vie.

Walton semble comprendre que l’ambition et la curiosité doivent être limitées avant de mettre son entourage en danger.

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J’ai décidé que c’était le moment de lire ce classique du XIXe siècle après avoir découvert la nouvelle Le Vampire de John William Polidori. Pour cause, les deux textes sont nés pendant un séjour en Suisse de Lord Byron, son secrétaire Polidori, Mary Godwin (future Mary Shelley) et Percy Shelley. Ils se seraient alors défiés d’écrire des textes terrifiants.

Je trouve intéressant de lire l’oeuvre de cette femme qui a vécu entourée de pareils amis et a su marquer la littérature autant qu’eux.

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C’était pour moi une très belle lecture. Les aspects romantiques du texte (descriptions de la nature et de grands espaces, émotions violentes et parfois contradictoires) enrichissent l’intrigue qui ressemble parfois à un récit initiatique et à un récit de voyage. En revanche, la partie scientifique reste très floue. D’autre part, pour les moins amateurs de fantastique, il y a finalement assez peu de surnaturel dans ce roman.

La tragédie est d’autant plus perceptible que, contrairement à ce qui est montré dans beaucoup de films, Frankenstein refuse de créer une compagne pour sa créature donc tous deux sont dans une impasse. Le lecteur peut être frustré en devinant le dernier drame qui attend Frankenstein alors que lui-même ne comprend pas la menace, mais c’est ce qui le rend tragique : fatalement, il n’échappera pas à son destin. Le récit enchâssé apporte du relief à l’histoire de Frankenstein.

 

Une lecture agréable dont on aurait tort de se passer !

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Carmilla, Joseph Sheridan Le Fanu

Bonjour !

La période d’Halloween passe vite et voici déjà le dernier article de ce cycle sur le thème des vampires ! Pour l’occasion, j’ai choisi de revenir sur la lecture d’une nouvelle gothique antérieure au roman Dracula de Bram Stoker.

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Joseph Sheridan Le Fanu est un auteur Irlandais, tout comme Bram Stoker. Il a publié Carmilla sous forme de série dans le magazine littéraire Dark Blue (puis dans un recueil de ses nouvelles) vingt-six ans avant Dracula. Dans la société mondaine dublinoise, Mrs Wilde aurait lu le texte à Stoker, qui a fait figurer la tombe de Carmilla à la fin de la première version de Dracula. Comme son éditeur a refusé la référence à cette oeuvre sulfureuse, elle a été coupée et reprise dans la nouvelle L’Invité de Dracula.

Carmilla était une oeuvre novatrice en son temps pour plusieurs raisons : dans l’Angleterre victorienne du XIXe siècle, Le Fanu évoque l’homosexualité féminine avec la relation trouble entre la vampiresse et sa candide proie et, pour la première fois, décrit fidèlement la méthode traditionnelle de destruction des vampires.

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Illustration dans The Dark Blue par D. H. Friston, 1872

En résumé, une jeune fille innocente mène une existence heureuse mais solitaire avec son père et quelques domestiques dans un château isolé. Un accident se produit sur leurs terres. Une femme d’apparence noble leur dit devoir continuer sa route sans attendre mais leur confie sa jeune et très belle fille pour qu’elle se repose en attendant son retour. Très vite, les deux jeunes filles se lient d’affection. Pourtant, celle qui se fait appeler Carmilla révèle des habitudes étranges et son amie tombe inexplicablement malade…

C’est une nouvelle gothique (avec des caractéristiques comme un château, une jeune fille naïve…) élégante par son style donc rapide, facile et agréable à lire ! J’ai particulièrement apprécié les derniers mots, très habiles, qui font frissonner (plus que le reste du texte). Ce n’est pas le texte sur les vampires à notre époque mais je le recommande !

Il peut être compliqué à se procurer mais je l’ai trouvé en version numérique ici

Joyeux Halloween !

Vampires et mangas

Bonjour !

Ce n’est pas mon domaine de spécialité donc les sagas que je vais évoquer peuvent sembler très mainstream aux connaisseurs, mais j’en profite pour faire le point sur un des rares mangas que j’ai suivis.

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Commençons par un anime que j’ai visionné il y a plusieurs années : Dance in the Vampire Bund.

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Les mangas de Nozumu Tamaki ont été publiés entre 2005 et 2012 et l’anime de douze épisodes a été diffusé en 2010. Il existe plusieurs suites pour ce manga, que je n’ai pas lues. Il est classé comme seinen, c’est-à-dire, en résumé, qu’il est destiné à un public adulte.

dance-in-the-vampire-bund-880389Après avoir vécu cachée, Mina Tepes, reine des vampires, utilise la richesse de sa dynastie pour couvrir la dette japonaise, en échange de la création d’un district spécial pour les siens. Elle souhaite l’émergence pacifique des vampires dans le monde des humains. Alors que la conférence de presse dans laquelle elle se prépare à annoncer l’existence des vampires au monde, sa vie est menacée. Son protecteur loup garou, Akira, tient donc un rôle également important dans l’histoire.

Il faut savoir que cette série n’est pas adaptée à tous les publics : on y trouve certaines images de la nudité de Mina, qui a un corps d’enfant. De plus, on est assez loin de la vision du vampire romantique, avec beaucoup de combats. C’est pour ces raisons que, personnellement, j’ai moins apprécié cette saga que celle que je vais aborder ensuite.

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Vampire Knight est la seule série pour laquelle j’ai acheté les mangas après avoir visionné l’anime.

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J’ai d’abord visionné l’anime, qui arrive, selon moi, a une fin en soi. J’ai cependant continué l’histoire avec les tomes 11 à 19.

La série de mangas de Matsuri Hino a été publiée entre 2005 et 2013, comprenant dix-neuf volumes. L’anime de vingt-six épisodes sorti en 2008 s’arrête au tome 10, lorsque l’héroïne découvre sa véritable identité. Il existe une série en cours, Vampire Knight : Mémoires qui comble l’éllipse du dernier tome mais que je n’ai pas encore commencée ! Il s’agit d’un shojo, soit, schématiquement, d’un manga adressé aux jeunes filles, avec une héroïne et une intrigue sentimentale.

On suit le parcours de Yuki, une adolescente étudiant à l’Académie Cross. La Day Class composée de jeunes mortels et la Night Class de vampires y cohabitent, sous le contrôle de la Guilde des Hunters (chargés de chasser les vampires dangereux pour maintenir la paix avec les humains). On comprend rapidement que Yuki a une place particulière entre les humains, les vampires et les hunters.  Au début de l’histoire, elle est la fille adoptive (apparemment humaine) du chef de la Guilde et directeur de l’Académie, Kaien Cross. Avec son frère adoptif Zero Kiryu (relève de Kaien Cross), elle travaille à l’ordre entre les deux classes. Pourtant, depuis l’enfance, elle est mystérieusement attirée par Kaname Kuran, vampire de sang pur de la Night Class.

En bref, Yuki est continuellement tiraillée entre les deux camps (Guilde et sangs purs), les deux parties de son identité (que je ne spoilerai pas) et les deux amours de sa vie (Zero et Kaname).

Cette position de grand enjeu la laisse souvent naïve et impuissante, presque « boulet » 😛 Cela entraîne aussi des moments de flou, des longeurs et une tendance à tourner en rond très frustrants alors que la situation s’envenime. C’est ce que je trouve borderline pour un public de jeunes filles : l’héroïne a besoin de la protection d’un homme et, dans la deuxième partie de la saga originale, son mode de vie est encadré par une sorte de soumission inceste… pour ainsi dire.

Cependant, je me suis vraiment attachée à cette série parce que l’interprétation des vampires est originale, les dessins sont de plus en plus délicats, c’est très romantique, tant dans l’histoire de fond que dans les petits détails (mes personnages favoris après Zero sont le couple de vampires Rima Toya et Senri Shiki ♥♥) et les personnages de Kaname et Zero sont assez complexes et profonds.

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Je suis ouverte à toutes les suggestions de manga 🙂

Le Vampire, John William Polidori (attribué à Lord Byron)

Bonjour !

Halloween approchant, j’ai décidé de consacrer un cycle d’articles dépassant la littérature au mythe du vampire. Mine de rien, Twilight (voici un lien vers mon tag sur le sujet)a crée chez moi une fascination durable pour cet univers, ce qui m’a entraînée vers un certain nombre d’autres oeuvres. Aussi, je souhaite partager des belles découvertes, et quelques unes plus décevantes, en espérant que certaines vous fassent frissonner !

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J’ai même tenté de créer un logo pour l’occasion!

Je ne suis pas suffisamment au point pour parler des folklores anciens donc je vais limiter le sujet à la figure du vampire que nous connaissons dans la fiction moderne, remontant au XIXe siècle.

Pour commencer, il me semble important d’évoquer ma lecture de The Vampyre, texte antérieur au Dracula de Bram Stoker.

Chronologie littéraire

Wikipédia attribue à cette nouvelle la naissance du vampire sophistiqué et charismatique, car The Vampyre date de 1819 et, attribuée à Lord Byron, elle a rencontré un certain succès au XIXe siècle. Carmilla de Joseph Sheridan Le Fanu a été publié en 1872, puis Dracula a fait son apparition en 1897 et est demeuré la référence, dans ce qui est devenu un véritable genre toujours présent dans toutes les formes d’art et de fiction.

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John William Polidori (1795-1821)

Genèse du texte

En 1816, le poète anglais Lord Byron, son médecin et secrétaire John Polidori, Mary Godwin (future Mary Shelley) et le philosophe et poète Percy Shelley passent des vacances au bord du lac de Genève. Pendant une soirée orageuse, le petit groupe lit et se met à écrire des histoires fantastiques. Frankenstein serait né à ce moment-là. Lord Byron écrit un fragment sur un vampire aristocrate, que Polidori terminera.

Le texte est retrouvé par un admirateur de Lord Byron qui reproduit ce voyage et obtient le manuscrit d’une dame qui les avait rencontrés. Dans une lettre de 1819 à l’éditeur où il décrit ce qu’il a appris en enquêtant dans les environ, il attribue le texte à Byron, mais ce-dernier et Polidori affrimeront que Le Vampire, une légende est l’oeuvre du médecin.

Ces circonstances de création mystérieuses correspondent bien à l’atmosphère du récit…

Résumé

Au milieu des cercles de la haute société que le retour de l’hiver réunit à Londres, on voit un seigneur singulier. Il reste mystérieux, ses actes semblent contradictoires et ses moeurs intriguent. Les personnes qui retiennent son intérêt et sa bonté se perdent. Terrifiant et captivant, il est invité dans toutes les maisons, car on s’ennuie beaucoup dans la société mondaine. Un jeune homme romanesque déçu par la fadeur de la réalité décide de suivre le seigneur dans un long voyage. Au fil du temps, des drames révèleront progressivement la nature de son compagnon. Le jeune homme, de retour à Londres, sombre dans la folie mais, même averti, il ne peut échapper au monstre, comme à une malédiction.

Où se procurer le livre

Aujourd’hui, j’ai trouvé ce petit texte difficile à obtenir, il faudrait commander le livre sur Internet -donc pénnaliser les librairies- et il me semble dommage de payer pour une oeuvre tombée dans le domaine public.

En français, j’ai eu la chance de le télécharger gratuitement depuis Lecteurs.com.

En version originale anglaise (avec la lettre à l’éditeur), j’ai trouvé un livre ancien numérisé (c’est très joli) sur Europeana.

Mon avis -enfin !

Vous l’aurez compris, je trouve cette histoire très intéressante ! On ne se focalise pas sur les caractéristiques et les crimes du vampire, mais sur son charisme et son mystère. Pourtant, c’est tout aussi efficace !

L’introduction relève des cas « réels » de vampirisme et met bien dans l’ambiance, même sans y croire. Puis, le corps du récit plonge dans une sensation de cauchemar et de cercle vicieux envoûtante.

Détail non négligeable, le texte est bref : environ trente pages A4 ! Alors, pour tous ceux qui s’intéressent de près ou de loin aux vampires, il serait dommage de s’en priver !