Vampires et mangas

Bonjour !

Ce n’est pas mon domaine de spécialité donc les sagas que je vais évoquer peuvent sembler très mainstream aux connaisseurs, mais j’en profite pour faire le point sur un des rares mangas que j’ai suivis.

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Commençons par un anime que j’ai visionné il y a plusieurs années : Dance in the Vampire Bund.

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Les mangas de Nozumu Tamaki ont été publiés entre 2005 et 2012 et l’anime de douze épisodes a été diffusé en 2010. Il existe plusieurs suites pour ce manga, que je n’ai pas lues. Il est classé comme seinen, c’est-à-dire, en résumé, qu’il est destiné à un public adulte.

dance-in-the-vampire-bund-880389Après avoir vécu cachée, Mina Tepes, reine des vampires, utilise la richesse de sa dynastie pour couvrir la dette japonaise, en échange de la création d’un district spécial pour les siens. Elle souhaite l’émergence pacifique des vampires dans le monde des humains. Alors que la conférence de presse dans laquelle elle se prépare à annoncer l’existence des vampires au monde, sa vie est menacée. Son protecteur loup garou, Akira, tient donc un rôle également important dans l’histoire.

Il faut savoir que cette série n’est pas adaptée à tous les publics : on y trouve certaines images de la nudité de Mina, qui a un corps d’enfant. De plus, on est assez loin de la vision du vampire romantique, avec beaucoup de combats. C’est pour ces raisons que, personnellement, j’ai moins apprécié cette saga que celle que je vais aborder ensuite.

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Vampire Knight est la seule série pour laquelle j’ai acheté les mangas après avoir visionné l’anime.

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J’ai d’abord visionné l’anime, qui arrive, selon moi, a une fin en soi. J’ai cependant continué l’histoire avec les tomes 11 à 19.

La série de mangas de Matsuri Hino a été publiée entre 2005 et 2013, comprenant dix-neuf volumes. L’anime de vingt-six épisodes sorti en 2008 s’arrête au tome 10, lorsque l’héroïne découvre sa véritable identité. Il existe une série en cours, Vampire Knight : Mémoires qui comble l’éllipse du dernier tome mais que je n’ai pas encore commencée ! Il s’agit d’un shojo, soit, schématiquement, d’un manga adressé aux jeunes filles, avec une héroïne et une intrigue sentimentale.

On suit le parcours de Yuki, une adolescente étudiant à l’Académie Cross. La Day Class composée de jeunes mortels et la Night Class de vampires y cohabitent, sous le contrôle de la Guilde des Hunters (chargés de chasser les vampires dangereux pour maintenir la paix avec les humains). On comprend rapidement que Yuki a une place particulière entre les humains, les vampires et les hunters.  Au début de l’histoire, elle est la fille adoptive (apparemment humaine) du chef de la Guilde et directeur de l’Académie, Kaien Cross. Avec son frère adoptif Zero Kiryu (relève de Kaien Cross), elle travaille à l’ordre entre les deux classes. Pourtant, depuis l’enfance, elle est mystérieusement attirée par Kaname Kuran, vampire de sang pur de la Night Class.

En bref, Yuki est continuellement tiraillée entre les deux camps (Guilde et sangs purs), les deux parties de son identité (que je ne spoilerai pas) et les deux amours de sa vie (Zero et Kaname).

Cette position de grand enjeu la laisse souvent naïve et impuissante, presque « boulet » 😛 Cela entraîne aussi des moments de flou, des longeurs et une tendance à tourner en rond très frustrants alors que la situation s’envenime. C’est ce que je trouve borderline pour un public de jeunes filles : l’héroïne a besoin de la protection d’un homme et, dans la deuxième partie de la saga originale, son mode de vie est encadré par une sorte de soumission inceste… pour ainsi dire.

Cependant, je me suis vraiment attachée à cette série parce que l’interprétation des vampires est originale, les dessins sont de plus en plus délicats, c’est très romantique, tant dans l’histoire de fond que dans les petits détails (mes personnages favoris après Zero sont le couple de vampires Rima Toya et Senri Shiki ♥♥) et les personnages de Kaname et Zero sont assez complexes et profonds.

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Je suis ouverte à toutes les suggestions de manga 🙂

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Le Vampire, John William Polidori (attribué à Lord Byron)

Bonjour !

Halloween approchant, j’ai décidé de consacrer un cycle d’articles dépassant la littérature au mythe du vampire. Mine de rien, Twilight (voici un lien vers mon tag sur le sujet)a crée chez moi une fascination durable pour cet univers, ce qui m’a entraînée vers un certain nombre d’autres oeuvres. Aussi, je souhaite partager des belles découvertes, et quelques unes plus décevantes, en espérant que certaines vous fassent frissonner !

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J’ai même tenté de créer un logo pour l’occasion!

Je ne suis pas suffisamment au point pour parler des folklores anciens donc je vais limiter le sujet à la figure du vampire que nous connaissons dans la fiction moderne, remontant au XIXe siècle.

Pour commencer, il me semble important d’évoquer ma lecture de The Vampyre, texte antérieur au Dracula de Bram Stoker.

Chronologie littéraire

Wikipédia attribue à cette nouvelle la naissance du vampire sophistiqué et charismatique, car The Vampyre date de 1819 et, attribuée à Lord Byron, elle a rencontré un certain succès au XIXe siècle. Carmilla de Joseph Sheridan Le Fanu a été publié en 1872, puis Dracula a fait son apparition en 1897 et est demeuré la référence, dans ce qui est devenu un véritable genre toujours présent dans toutes les formes d’art et de fiction.

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John William Polidori (1795-1821)

Genèse du texte

En 1816, le poète anglais Lord Byron, son médecin et secrétaire John Polidori, Mary Godwin (future Mary Shelley) et le philosophe et poète Percy Shelley passent des vacances au bord du lac de Genève. Pendant une soirée orageuse, le petit groupe lit et se met à écrire des histoires fantastiques. Frankenstein serait né à ce moment-là. Lord Byron écrit un fragment sur un vampire aristocrate, que Polidori terminera.

Le texte est retrouvé par un admirateur de Lord Byron qui reproduit ce voyage et obtient le manuscrit d’une dame qui les avait rencontrés. Dans une lettre de 1819 à l’éditeur où il décrit ce qu’il a appris en enquêtant dans les environ, il attribue le texte à Byron, mais ce-dernier et Polidori affrimeront que Le Vampire, une légende est l’oeuvre du médecin.

Ces circonstances de création mystérieuses correspondent bien à l’atmosphère du récit…

Résumé

Au milieu des cercles de la haute société que le retour de l’hiver réunit à Londres, on voit un seigneur singulier. Il reste mystérieux, ses actes semblent contradictoires et ses moeurs intriguent. Les personnes qui retiennent son intérêt et sa bonté se perdent. Terrifiant et captivant, il est invité dans toutes les maisons, car on s’ennuie beaucoup dans la société mondaine. Un jeune homme romanesque déçu par la fadeur de la réalité décide de suivre le seigneur dans un long voyage. Au fil du temps, des drames révèleront progressivement la nature de son compagnon. Le jeune homme, de retour à Londres, sombre dans la folie mais, même averti, il ne peut échapper au monstre, comme à une malédiction.

Où se procurer le livre

Aujourd’hui, j’ai trouvé ce petit texte difficile à obtenir, il faudrait commander le livre sur Internet -donc pénnaliser les librairies- et il me semble dommage de payer pour une oeuvre tombée dans le domaine public.

En français, j’ai eu la chance de le télécharger gratuitement depuis Lecteurs.com.

En version originale anglaise (avec la lettre à l’éditeur), j’ai trouvé un livre ancien numérisé (c’est très joli) sur Europeana.

Mon avis -enfin !

Vous l’aurez compris, je trouve cette histoire très intéressante ! On ne se focalise pas sur les caractéristiques et les crimes du vampire, mais sur son charisme et son mystère. Pourtant, c’est tout aussi efficace !

L’introduction relève des cas « réels » de vampirisme et met bien dans l’ambiance, même sans y croire. Puis, le corps du récit plonge dans une sensation de cauchemar et de cercle vicieux envoûtante.

Détail non négligeable, le texte est bref : environ trente pages A4 ! Alors, pour tous ceux qui s’intéressent de près ou de loin aux vampires, il serait dommage de s’en priver !

 

L’Alchimiste, Paulo Coelho

Bonjour !

Aujourd’hui, voyageons avec un conte philosophique qui a su s’imposer comme un incontournable de la littérature contemporaine !

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Je souhaitais le lire depuis un certain temps et je me suis laissée tenter par cette très belle édition.

La vie d’un jeune berger andalou bascule quand il rêve d’un trésor en Egypte. Il laisse derrière lui ses brebis et l’espoir de revoir la fille d’un commerçant pour partir à la recherche du trésor… Au fil d’un voyage semé d’obstacles, il apprendra à écouter son coeur, suivre les signes du destin et aller au bout de sa « légende personnelle », quoi qu’il en coûte.

La douceur, les évènements magiques et les valeurs positives (dont le courage) de ce texte le rendent universellement accessible : comme Le Petit Prince d’Antoine de Saint Exupéry, on pourrait le lire à un enfant.

Cependant, personnellement j’ai moyennement accroché. J’ai eu du mal à me projeter dans l’univers alliant « mille et une nuits » et alchimie. Les petites formules de sagesse sont martelées (pour montrer que toutes les expériences du héros sont liées). De plus, je ne peux adhérer que partiellement à la morale de l’histoire, non convaincue que tout sacrifier pour ce que l’on pense être le but de son existence mène toujours au bonheur.

Je ne peux que reconnaître qu’il s’agit d’un récit initiatique original et d’une jolie oeuvre en soi.

Un coup d’aile, Vladimir Nabokov

Bonjour !

Aujourd’hui, je vais faire le bilan de ma lecture de deux nouvelles par l’auteur de Lolita.

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Tomber sur ce petit recueil m’a donné l’occasion de lire pour la première fois le célèbre auteur russe du XXe siècle.

« Un coup d’aile »

Dans une station de ski en Suisse, Kern, hanté par la mort depuis le suicide de son épouse, est captivé par l’éclat d' »Isabelle volante ». Elle est belle, énergique, aussi légère sur les pistes de ski et de danse. Une rencontre mystérieuse entraîne son dernier envol…

Etait-ce le fruit de l’imagination de Kern le menant au bout de son impuissance et de son désespoir ?

« La Vénitienne »

Simpson passe des vacances dans le château appartenant au père de son camarade d’université. Il y découvre un portrait qui le fascine au point de tomber amoureux de son sujet. M. Magor, également invité au château avec sa femme, raconte une histoire troublante : on pourrait entrer dans un tableau, pour vivre la scène qui y est figée. Attiré par la Vénitienne, Simpson ne peut s’empêcher de revenir la contempler jour après jour, jusqu’à traverser la toile.

Le fils du propriétaire aurait-il peint son ami sur le précieux tableau par défiance ?

 

Il s’agit bien de nouvelles fantastiques au sens où le lecteur se demande si les évènements qu’il découvre sont naturels ou magiques. Je suis restée… sceptique en refermant le livre.

Ces récits m’ont fait penser au Joueur de Dostoïevski (cliquez ici pour jeter un coup d’oeil à mon article sur le sujet) : on retrouve un lieu de villégiature comme cadre pour un jeune homme éprouvant une passion impossible envers une femme insaisissable qui le conduira à sa perte.