La Dose, Melvin Burgess

Bonjour !

Melvin Burgess est un auteur de romans pour adolescents britannique reconnu pour évoquer des sujets difficiles. Junk (deux adolescents de quatorze ans à la situation familiale compliquée errent dans les rues et deviennent des junkies) et Billy Elliot (un jeune garçon des quartiers populaires rêve de devenir danseur) font partie de ma liste de souhaits depuis longtemps. Pourtant, je suis tombée sur La Dose par hasard, et puis je suis tombée dedans !

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Le roman s’ouvre sur un concert historique. Le jeune chanteur, qui a tout pour lui, meurt sur scène. Il a consommé une dose de Raid : nouvelle drogue capable de faire vivre une semaine de rêve, la dernière de sa vie. Une révolution politique éclate et le Raid devient un phénomène de société : des centaines d’adolescents prennent du Raid et se rebellent à Manchester, puis dans tout le pays. Adam est un jeune normal, dont la vie bascule à cause de ces évènements. Dans un moment de désespoir, il décide de prendre une dose. Alors, tout s’accélère. Et s’il avait plus à perdre qu’il ne le croyait ?

L’auteur aborde de nombreuses problématiques actuelles, sans en adoucir les contours, osant plutôt l’exagération. La Dose se rapproche d’un roman d’anticipation, d’une dystopie, d’un thriller, mais en faisant toujours dans le sensationnel, le violent, le trash.  On y suit des adolescents confrontés à la drogue et à l’industrie de la drogue, à l’amour et à la sexualité, à la famille et à la responsabilité. En filigrane, la jeunesse se soulève contre la société capitaliste. La ville de Manchester se prête parfaitement, par son histoire, à ce récit très rock. On pourrait néanmoins regretter le manichéisme de l’univers décrit. En oubliant son invraisemblance, on est très vite happé par l’aventure d’Adam et son amie Lizzie.

C’est une lecture très forte bien que relativement simple, que je ne recommenderais pas avant le lycée. Un roman inoubliable à dévorer !

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L’Aube sera grandiose, Anne-Laure Bondoux

Bonjour !

Pour ce premier article de 2018, voici mon retour (très en retard) sur la lecture d’un roman jeunesse publié chez Gallimard cette rentrée littéraire et récompensé par le prix Vendredi 2017 que l’on voit sur toutes les tables de librairies.

Equipez-vous de couvertures pour lire ce roman en une nuit : Titania, une romancière surnommée « fée du suspense » par la critique, emmène sa fille Nine dans une cabane isolée, bien loin de sa vie d’adolescente protégée. En une nuit, elle lui raconte l’histoire de sa famille et la sienne, construites sur une accumulation de secrets et mensonges. La réalité dépasse la fiction et Nine redécouvre son identité à travers une fresque familiale dont elle ignorait tout. Tout est lié, dans une perspective beaucoup plus large que ce que Nine connaissait jusqu’alors : la grande histoire (la mort de Balavoine et Coluche, la chute du mur de Berlin…) et la petite, celle de toute une famille dont elle ignorait l’existence. A l’aube, plus rien ne sera comme avant. Les révélations sont libératrices, soudent les liens familiaux et soulagent les individus qui y trouvent la certitude que, quoi qu’il arrive, ils seront toujours capables de s’en sortir.

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Anne-Laure Bondoux propose un récit enchâssé alternant, de chapitre en chapitre, les points de vue avec des flash-back et anecdotes de différentes époques et quelques retours sur la nuit où Titania se livre à Nine. Cette construction ne surprend plus vraiment dans un roman jeunesse/jeune adulte.

Le style est « propre », clair comme dans les bons livres jeunesse, mais c’est avant tout l’intrigue et les personnages qui font que ce roman se démarque. On découvre petit à petit une galerie de personnages aux teintes différentes, avec leurs passions, forces, faiblesses et décisions respectives. J’ai trouvé ces personnages plutôt originaux et attachants, bien que, comme souvent en littérature jeunesse, certains traits sont un peu grossis : des noms et pseudonymes grandiloquents, des hippies-révolutionnaires et des parents réacs assez clichés. On pourrait regretter le fait que le portrait d'(Anto)nine se limite à l’esquisse d’une adolescente moyenne (son sport, ses amies, son coup de coeur pour un garçon du même lycée) mais ce parti-pris me semble justifié dans le sens où l’on rencontre Nine au moment où elle prend conscience de qui elle est et de qui elle peut devenir. C’est plutôt sa mère qui mène le récit, ce qui est moins courant dans un roman jeunesse mais pas dérangeant puisqu’elle évoque principalement son enfance.

Le parcours familial qui nous est présenté est tout de même mouvementé et on ne s’ennuie pas à la lecture, d’autant plus que les descriptions occupent une part minime de ce roman -encore une caractéristique des livres jeunesse. Il y a bien du suspense, Titania tire un fil qui semble dérouler une pelote raisonnable -rassurez-vous, les surprises ne devraient pas vous faire tomber de votre chaise. Pourtant, je ne le qualifierais de page-turner : si vous devez faire une pause dans votre lecture, vous survivrez.

On trouve des dessins disséminés dans le roman, qui sont censés être l’oeuvre d’un personnage mais que l’on doit en réalité à la -vraie- fille de la -vraie- auteure. Il ne faudrait pas se limiter à considérer ces illustrations comme une insulte à l’intelligence du lecteur. C’est un petit plus qui nous aide à plonger dans cette histoire, à la rendre un peu plus plausible et à nous envelopper dans l’atmosphère rétro -le récit commence dans les années 1960.

En somme, c’est une lecture simple et douce, bien ficelée, à mettre entre les mains des jeunes lecteurs et des adultes souhaitant se laisser embarquer dans une bonne histoire sans rechercher de grands raffinements littéraires.

Bonne lecture !

L’Ami retrouvé, Fred Uhlman

Bonjour !

Dans cet article, je vais évoquer une lecture empruntée au programme de français du collège. En classe de quatrième/troisième, de nombreux professeurs abordent la question de l’antisémitisme à travers des œuvres relativement accessibles dont Inconnu à cette adresse de Kathrine Kressmann Taylor et L’Ami retrouvé de Fred Uhlman. Ces deux courts romans -dont le premier est épistolaire- montrent l’impact de la montée du nazisme sur une grande amitié entre un jeune homme juif et l’autre « aryen ». Ayant lu le premier au collège, j’ai été curieuse de découvrir le second qui a été prescrit à mon petit frère…

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Âgé de seize ans, Hans Schwarz, fils unique d’un médecin juif, fréquente le lycée de Stuttgart. Il est encore seul et sans ami véritable lorsque l’arrivée dans sa classe d’un garçon d’une famille protestante d’illustre ascendance lui permet de réaliser son exigeant idéal de l’amitié, tel que le lui fait concevoir l’exaltation romantique qui est souvent le propre de l’adolescence.
C’est en 1932 qu’a lieu cette rencontre, qui sera de courte durée, les troubles déclenchés par la venue de Hitler ayant fini par gagner la paisible ville de Stuttgart. Les parents de Hans, qui soupçonnent les vexations que subit le jeune homme au lycée, décident de l’envoyer en Amérique, où il fera sa carrière et s’efforcera de rayer de sa vie et d’oublier l’enfer de son passé. Ce passé qui se rappellera un jour à lui de façon tragique.

Si mon souvenir d’Inconnu à cette adresse n’est plus très frais, je trouve qu’il est plus adapté à de jeunes adolescents que L’Ami retrouvé or, plus âgée, j’ai une préférence pour ce-dernier. Pour cause, dans « l’exaltation romantique qui est souvent le propre de l’adolescence », Hans et Conrad ont des discussions assez riches concernant la religion et la culture savante allemande qui, selon moi, seront mieux comprises par des lycéens et pourraient refroidir ceux qui ne maîtrisent pas ces références. C’est pourtant ce qui m’a rendu cette lecture plus émouvante, car je me suis très facilement identifiée aux deux personnages à leur âge. Sans vous spoiler quoi que ce soit, je précise que le retournement de situation final, en seulement dix mots, bouleverse. Tout est dit, même dans les temps les plus difficiles, les préjugés ne sont pas toujours justifiés.

Bref mais efficace, L’Ami retrouvé est un joli texte sur les conséquences du nazisme et l’amitié.

Quelles lectures conseillez-vous sur le thème de la Seconde Guerre mondiale ?

Marie-Antoinette, Collectif

Bonjour !

En ce mercredi, jour des enfants, voici un bref article sur un album.

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Je suis tombée amoureuse de Quelle Histoire Editions! C’est une maison d’édition française dont les livres sont produits en France. Elle propose environ 70 livres pour les 6-10 ans qui abordent autant de sujets et personnages historiques de manière ludique. Le petit format et le petit prix des livres donne envie de les collectionner. Les mini-biographies reprennent les dates essentielles avec des mots simples et des illustrations fraîches. De plus, à la fin du livre, une frise chronologique et de rapides portraits aident à situer la personne biographiée dans son contexte. On trouve même des jeux pour mieux mémoriser ce que l’on vient d’apprendre ! Pour vous les offrir ou pour en savoir plus, vous pouvez consulter ce site.

J’ai moi-même appris des choses et je trouve que c’est un cadeau idéal pour qu’un enfant apprenne en s’amusant ! Une seule limite : il ne faut pas rechercher une très grande précision historique.

Bonne lecture !