Indochine

Bonjour,

Après mon petit florilège de paroles de chansons de Green Day, il me semble que cette série d’articles en lien avec la musique serait incomplète sans évoquer Indochine, mon groupe français favori. Je trouve dommage que beaucoup de personnes ne connaissent Indochine que pour ses tubes des années 80, sachant que leur oeuvre a continué à évoluer et à s’enrichir depuis, un nouvel album allant paraître d’un jour à l’autre ! De plus, ce groupe a sa place sur BDP car plusieurs de ses chansons sont directement liées à des oeuvres littéraires.

Attention, je précise que les droits des images utilisées ne m’appartiennent pas, que je ne mettrai pas de lien vers les chansons car vous pouvez facilement sur YouTube et que j’ai lu les propos de Nicola Sirkis dans le livre Kissing my songs qu’il a coécrit avec Agnès Michaux pour expliquer ses textes et leur écriture. C’est un excellent document pour ceux qui s’intéressent à l’oeuvre d’Indochine. Il est plutôt complet (sauf pour la musique parue plus récemment) et augmenté de copies des brouillons de Sirkis.

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  • Commençons par le commencement : le premier tube, L’Aventurier (1982).

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Ce n’est pas la nouvelle du siècle mais, pour écrire cette chanson, le jeune Nicola Sirkis s’est inspiré de la série de bandes-dessinées de Henri Vernes.

La mélodie était faite et je cherchais les mots que j’allais mettre dessus. Tout s’est passé le plus simplement du monde. J’ai pris un bouquin au hasard dans la bibliothèque… et je suis tombé sur Bob Morane ! J’ai pris la table des matières et ce sont tous les intitulés des chapitres qui ont servi à construire l’histoire de la chanson.

  • Salômbo (1985)

Le titre et l’aspect oriental de cette chanson rappellent forcément Salammbô de Flaubert.

J’avais lu Flaubert mais aussi Théophile Gautier et son Roman de la momie.

Selon Sirkis, cette chanson parle avant tout d’un tournant spirituel lié, entre autres, à sa découverte de la culture orientale.

  • Des fleurs pour Salinger (1990)

J’ai mis dix ans à pouvoir écrire cette chanson. Salinger a une telle place en moi, comme pour beaucoup d’adolescents. Ce qu’il écrit, c’est ma blessure, la sortie du monde de l’enfance, la perte de l’innocence. Une désillusion inguérissable. Fêlures qui deviennent de plus en plus violentes quand on grandit. Fêlures qui sont devenues de plus en plus grandes quand j’ai grandi. Nos rêves brisés… J’ai lu et aimé L’Attrape-coeurs mais aussi Un jour rêvé pour le poisson banane.

Les paroles de la chanson font allusion à la retraite de cet auteur qui a terminé sa vie en ermite. Sirkis l’admire, rêve de le rencontrer, de lui offrir des fleurs.

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Voici ma chronique, même si j’en parle moins bien que Nicola Sirkis.
  • Peter Pan (1996)

Forcément, cette chanson est associée à la pièce Peter Pan; or, the Boy Who Wouldn’t Grow Up (1911) de J.M. Barrie qui a marqué l’imaginaire populaire. J’aime beaucoup la version Indochine et je vous invite à aller au moins lire les paroles.

En fait, moi je m’en fous de vieillir. […] Et puis, je me méfie de ces syndromes de psychanalystes… Ma jeunesse, entre guillemets, c’est de ne pas avoir jeté l’ancre. Je n’ai pas trahi mes idéaux, j’ai juste mûri avec. […] La chance de ce métier, c’est que j’ai l’impression qu’il me permet de vivre une adolescence éternelle. En fait, les choses sont simples : j’ai juste fait une chanson sur le livre de J.M. Barrie que je trouve extraordinaire !

Personnellement, je trouve qu’Indochine est un groupe qui vieillit, certes, mais bien. Il évolue beaucoup mais leurs chansons plus anciennes ont conservé leur fraîcheur qui fait sourire… Ceci dit, je comprends que l’on ait du mal à passer au-dessus du côté rétro de L’Aventurier & co.

  • Astroboy (1999)

-Astroboy, tu veux dire « ce héros du futur toujours là quand il faut, Astro le petit robot » ?

-Exactement et on ne se moque pas ! […] Ca a donné ma première chanson manga. Après tout, c’est une sorte de Bob Morane des années 90. […] La Route orange est le titre de l’une des aventures d’Astroboy. C’est une chanson spatiale, sur la violence du manga, un collage de situations. […] J’ai eu beaucoup de plaisir à l’écrire, mais en fait, pour être sincère, je ne lis pas beaucoup de mangas.

Moi non plus, vous l’aurez remarqué sur ce blog :p

  • Un ange à ma table (2009)

Oui, le malheur des femmes, celui de l’écrivain néo-zélandaise Janet Frame, dont Un ange à ma table de Jane Campion [réalisatrice du biopic reprenant le titre d’un volume de l’autobiographie de Frame] racontait l’existence tourmentée, cette lobotomie programmée puis annulée pour cause de prix littéraire. Le malheur de Sylvia Plath qui se suicide la tête dans le four…

On peut découvrir des oeuvres littéraires par un film comme Nicola Sirkis a découvert Frame, par une chanson puisque je ne connaissais pas Frame avant Indochine et cela n’a pas moins de valeur ! Toutes les créations artistiques s’influencent, rien n’est imperméable et, plus son sens est complexe, plus l’oeuvre est intéressante.

  • Le Lac (2009)

C’est vrai, hommage à Rimbaud et à son Dormeur du val, poème sublime sur la guerre. J’aime la force de l’image : ce soldat tout seul, dans un endroit d’une grande beauté et la laideur de sa réalité, la blessure et la mort. Traiter de ces contrastes m’intéressait.

Je fais une exception en ajoutant un lien vers le clip qui enrichit vraiment le texte. Comme Nicola Sirkis le chante, il incarne un soldat couché, serein, seul, il pense à une personne qui lui manque. Un couple âgé ne le voit pas et explore le lac, partageant un moment romantique.

 

On aime la voix, la plume, le look de Nicola Sirkis ou on les déteste. Indochine incarne « une adolescence éternelle » dans le sens où le groupe évolue, demeurant imprévisible, indéfinissable ; Sirkis reste lui-même tout en restant artiste, ne s’enferme pas, conserve la liberté d’apprendre et de créer. Nicola Sirkis est musicien. Il est lecteur. En effet, je n’ai mentionné que les exemples les plus clairs mais il parle de livres tout au long de Kissing my songs. Il est auteur. De chansons, bien sûr, mais aussi d’un recueil de nouvelles et d’un carnet de route d’une de ses tournées :

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Connaissez-vous des musiciens lecteurs ?

 

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Livres et musique : wishlist

Bonjour !

Comme je suis lancée dans une série d’articles en lien avec la musique, je vais partager avec vous une liste (non exhaustive) de quelques idées de lecture qui me trottent dans la tête.

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  1. Confessions d’une groupie de Pamela des Barres.

J’ai très envie de lire le témoignage de Pamela des Barres, une groupie qui a suivi plusieurs groupes de rock dans les années 60 et 70. Elle a écrit plusieurs livres dans lesquels on peut suivre son évolution, en même temps que celle de quelques groupes mythiques.

couv17140935.jpg2. Just kids de Patti Smith.

J’ai beaucoup vu M Train en librairie… Patti Smith raconte le rock, mais aussi New York dans les années 60-70. Encore un livre avec une certaine valeur historique.

510UudQJluL._SY346_3. La Sonate de l’anarchiste d’Etienne Guéreau.

A la fin du XIXe siècle, à Paris, un pianiste compositeur est sollicité pour faire diversion pendant que la police cherche des preuves pour démanteler un réseau d’anarchistes.couv20963171.jpg4. La saga Stage Dive de Kylie Scott.

Sur un ton plus léger, ces derniers temps, je croise souvent des chroniques autour d’une série en quatre volumes qui raconte les romances (dans l’ordre) du guitariste, du batteur, du chanteur et du bassiste d’un groupe appelé Stage Dive. Je n’en attends rien d’un point de vue littéraire mais cela pourrait être divertissant.

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J’espère vous avoir donné quelques idées ! Avez-vous lu un de ces livres ? Ou envie d’en lire un ? Avez-vous d’autres livres liés à la musique à suggérer ?

Citations musicales

Bonjour !

Parce que certaines paroles de chansons ont une réelle valeur littéraire, j’en ai relevé quelques bribes. Peut-être que cela vous donnera des idées de bande sonore pour vous futures lectures 😉

Ceux qui me connaissent ne s’étonneront pas de mon obsession pour Green Day…

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Nightlife (¡Dos!) – Green Day

Admirez ces allitérations !

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When It’s Time (American Idiot) – Green Day
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Youngblood (Revolution Radio) – Green Day

Et cette jolie rime…

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Stay The Night (¡Uno!) – Green Day

Avez-vous des lyrics à partager ? Que pensez-vous de ce nouveau format d’article ? Si vous avez aimé, un autre article en lien avec la musique vous attend après-demain. Je vous souhaite une belle fête de la musique !

Petit pays, Gaël Faye

Bonjour !

Très en retard sur la rentrée de septembre 2016, je me lance dans une énième chronique sur Petit pays -qui ne sera pas la meilleure que vous ayiez lue- simplement parce que j’ai aimé cette lecture.

En septembre, je n’avais pas prévu de le lire. Depuis, j’en ai entendu chanter les louanges et j’ai pu voir Gaël Faye le temps d’une interview, d’un peu de slam et d’une dédicace. J’étais convaincue, mais il a fallu que je termine des lectures en cours avant de lire ce roman -qui a été récompensé par le Prix du roman Fnac, le Prix Goncourt des lycéens, le Prix du premier roman et le Prix des étudiants France Culture.
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Le narrateur et alter-ego de l’auteur, Gabriel, se remémore son enfance dans une impasse de Bujumbura au Burundi (pays voisin du Rwanda) au début des années 1990. Dans un quartier confortable, il coule une enfance insouciante avec son père français, sa mère rwandaise et toute sa famille, sa petite soeur Ana et sa bande de copains avec qui il fait les quatre cents coups. Cependant, une violence qu’il ne comprend pas encercle son petit havre de paix quand éclate la guerre civile entre les Hutus et les Tutsis au Burundi et au Rwanda. Bien qu’il se raccroche à son bonheur et son innocence en se plongeant dans les livres avec la bienveillance d’une voisine érudite, rien ne sera plus comme avant.

Ce que j’ai retenu de l’intervention de l’auteur :

  • Les sensations, plutôt que les péripéties que l’on peut lire dans le roman ont une dimension autobiographique.
  • Ce qui se passe à la maison peut être beaucoup plus traumatisant que ce qui se passe à l’extérieur.
  • L’adulte, pour l’enfant, représente la norme.
  • A-t-on vraiment le droit d’être neutre ? Peut-on regarder la vie en spectateur ou faut-il s’engager ?
  • L’impasse est à la fois cocon et piège.
  • La littérature permet de s’échapper du quotidien.
  • L’écriture a ouvert les portes des livres à Gaël Faye puisqu’il a voulu savoir comment les autres écrivaient, et elle est devenue son impasse.

Bonus musical :

Comme je l’ai précisé en haut de cet article, Gaël Faye, en plus de son roman, a écrit du slam. Si sa musique n’est pas à mon goût, je dois reconnaître que ses textes restent intéressants. Aussi, je vous laisse écouter Petit Pays.

Je ne regrette pas d’avoir découvert un morceau d’Histoire que je ne connaissais pas. J’ai apprécié la forme, le style émouvant auquel je ne trouve rien de particulier à redire, ce qui est louable pour un premier roman.

Avez-vous lu Petit pays ? Qu’en avez-vous pensé ?