38 Mini Westerns (avec des fantômes), Mathias Malzieu

Bonjour !

De retour du salon Livre Paris, voici -avec un peu de retard- mon retour sur une très belle rencontre.

Avec mes chroniques sur Maintenant qu’il fait tout le temps nuit sur toi, La Mécanique du coeur, Le Plus petit baiser jamais recensé, Métamorphose en bord de ciel et Journal d’un vampire en pyjama, vous aurez compris que le style de Mathias Malzieu me parle… J’ai eu la chance de le rencontrer pendant une dédicace du Journal d’un vampire en pyjama (augmenté d’un texte inédit que je suis en train de lire). C’est un monsieur charmant, qui a pris le temps d’échanger quelques minutes avec chaque personne. Il a confirmé l’importance qu’il donne à la magie des mots, on a évoqué Nicola Sirkis et je suis partie un peu émue 🙂

A la fin du salon, une amie m’a surprise en m’offrant 38 Mini Westerns (merci !) que j’ai dévoré.

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Il s’agit d’un recueil de nouvelles ponctuées de Polaroïd et de sculptures de Laurence Audras. Le tout donne une atmosphère bizarre, la plume de Malzieu allant bien plus loin que dans ses romans. On y trouve notamment des petites histoires d’amour, de fantômes et de longboard racontées avec des images farfelues. J’ai pourtant ressenti une sorte de sincérité de l’auteur livrant ces anecdotes complètement déformées par son imagination, ce qui les rend à la fois pudiquement floues, parfaitement uniques et universellement accessibles. Selon moi, c’est un livre très difficile à aborder, à ne pas mettre entre les mains de ceux qui n’ont jamais lu Malzieu ou qui peinent à accrocher. J’ai cependant trouvé un certain charme au recueil en cherchant à démêler le vrai du faux et en me laissant porter par le regard loufoque et enfantin du narrateur. Pour ceux qui aiment les autres travaux de Malzieu, foncez !

Mon texte favori est « Le bracelet d’argent ». Comme le titre l’indique, le jeune narrateur veut faire un cadeau à son amoureuse mais il sera déçu… Petit échantillon :

« C’était comme si les étoiles s’étaient accrochées pour s’enfiler à l’un de ses cheveux. […] Il ressemblait à un ver de terre mort que l’on aurait décoré avec des boucles d’oreilles. »

Et comme je joins habituellement une chanson de Dionysos à mes chroniques, voici un titre lié à une des nouvelles (sur un ami dyslexique et son potentiel poétique) !

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Mr Hyde, BB Brunes

Hi !

Cela faisait longtemps que je n’avais pas partagé une chanson à source littéraire ici !

Alors voilà, pour ceux qui ont lu Dr Jekyll and Mr Hyde de Stevenson ou qui se souviennent de ma chronique (EN ; FR), voici une chanson frenchie très fraîche pour dépoussiérer nos classiques british.

Les paroles ont un style (rimé, avec un niveau de langue presque littéraire) et une impertinence qui, pour moi, font honneur au roman. Pour les lire et en apprendre plus sur les caractéristiques techniques de la chanson, vous pouvez suivre ce lien.

Cette chanson est issue de l’album Blonde comme moi paru en 2007 mais si, comme moi, vous aimez le groupe, jetez un oeil à leur tout nouvel album, Puzzle, avec une orientation musicale différente mais des textes d’aussi bonne qualité que d’habitude…

Indochine

Bonjour,

Après mon petit florilège de paroles de chansons de Green Day, il me semble que cette série d’articles en lien avec la musique serait incomplète sans évoquer Indochine, mon groupe français favori. Je trouve dommage que beaucoup de personnes ne connaissent Indochine que pour ses tubes des années 80, sachant que leur oeuvre a continué à évoluer et à s’enrichir depuis, un nouvel album allant paraître d’un jour à l’autre ! De plus, ce groupe a sa place sur BDP car plusieurs de ses chansons sont directement liées à des oeuvres littéraires.

Attention, je précise que les droits des images utilisées ne m’appartiennent pas, que je ne mettrai pas de lien vers les chansons car vous pouvez facilement sur YouTube et que j’ai lu les propos de Nicola Sirkis dans le livre Kissing my songs qu’il a coécrit avec Agnès Michaux pour expliquer ses textes et leur écriture. C’est un excellent document pour ceux qui s’intéressent à l’oeuvre d’Indochine. Il est plutôt complet (sauf pour la musique parue plus récemment) et augmenté de copies des brouillons de Sirkis.

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  • Commençons par le commencement : le premier tube, L’Aventurier (1982).

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Ce n’est pas la nouvelle du siècle mais, pour écrire cette chanson, le jeune Nicola Sirkis s’est inspiré de la série de bandes-dessinées de Henri Vernes.

La mélodie était faite et je cherchais les mots que j’allais mettre dessus. Tout s’est passé le plus simplement du monde. J’ai pris un bouquin au hasard dans la bibliothèque… et je suis tombé sur Bob Morane ! J’ai pris la table des matières et ce sont tous les intitulés des chapitres qui ont servi à construire l’histoire de la chanson.

  • Salômbo (1985)

Le titre et l’aspect oriental de cette chanson rappellent forcément Salammbô de Flaubert.

J’avais lu Flaubert mais aussi Théophile Gautier et son Roman de la momie.

Selon Sirkis, cette chanson parle avant tout d’un tournant spirituel lié, entre autres, à sa découverte de la culture orientale.

  • Des fleurs pour Salinger (1990)

J’ai mis dix ans à pouvoir écrire cette chanson. Salinger a une telle place en moi, comme pour beaucoup d’adolescents. Ce qu’il écrit, c’est ma blessure, la sortie du monde de l’enfance, la perte de l’innocence. Une désillusion inguérissable. Fêlures qui deviennent de plus en plus violentes quand on grandit. Fêlures qui sont devenues de plus en plus grandes quand j’ai grandi. Nos rêves brisés… J’ai lu et aimé L’Attrape-coeurs mais aussi Un jour rêvé pour le poisson banane.

Les paroles de la chanson font allusion à la retraite de cet auteur qui a terminé sa vie en ermite. Sirkis l’admire, rêve de le rencontrer, de lui offrir des fleurs.

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Voici ma chronique, même si j’en parle moins bien que Nicola Sirkis.
  • Peter Pan (1996)

Forcément, cette chanson est associée à la pièce Peter Pan; or, the Boy Who Wouldn’t Grow Up (1911) de J.M. Barrie qui a marqué l’imaginaire populaire. J’aime beaucoup la version Indochine et je vous invite à aller au moins lire les paroles.

En fait, moi je m’en fous de vieillir. […] Et puis, je me méfie de ces syndromes de psychanalystes… Ma jeunesse, entre guillemets, c’est de ne pas avoir jeté l’ancre. Je n’ai pas trahi mes idéaux, j’ai juste mûri avec. […] La chance de ce métier, c’est que j’ai l’impression qu’il me permet de vivre une adolescence éternelle. En fait, les choses sont simples : j’ai juste fait une chanson sur le livre de J.M. Barrie que je trouve extraordinaire !

Personnellement, je trouve qu’Indochine est un groupe qui vieillit, certes, mais bien. Il évolue beaucoup mais leurs chansons plus anciennes ont conservé leur fraîcheur qui fait sourire… Ceci dit, je comprends que l’on ait du mal à passer au-dessus du côté rétro de L’Aventurier & co.

  • Astroboy (1999)

-Astroboy, tu veux dire « ce héros du futur toujours là quand il faut, Astro le petit robot » ?

-Exactement et on ne se moque pas ! […] Ca a donné ma première chanson manga. Après tout, c’est une sorte de Bob Morane des années 90. […] La Route orange est le titre de l’une des aventures d’Astroboy. C’est une chanson spatiale, sur la violence du manga, un collage de situations. […] J’ai eu beaucoup de plaisir à l’écrire, mais en fait, pour être sincère, je ne lis pas beaucoup de mangas.

Moi non plus, vous l’aurez remarqué sur ce blog :p

  • Un ange à ma table (2009)

Oui, le malheur des femmes, celui de l’écrivain néo-zélandaise Janet Frame, dont Un ange à ma table de Jane Campion [réalisatrice du biopic reprenant le titre d’un volume de l’autobiographie de Frame] racontait l’existence tourmentée, cette lobotomie programmée puis annulée pour cause de prix littéraire. Le malheur de Sylvia Plath qui se suicide la tête dans le four…

On peut découvrir des oeuvres littéraires par un film comme Nicola Sirkis a découvert Frame, par une chanson puisque je ne connaissais pas Frame avant Indochine et cela n’a pas moins de valeur ! Toutes les créations artistiques s’influencent, rien n’est imperméable et, plus son sens est complexe, plus l’oeuvre est intéressante.

  • Le Lac (2009)

C’est vrai, hommage à Rimbaud et à son Dormeur du val, poème sublime sur la guerre. J’aime la force de l’image : ce soldat tout seul, dans un endroit d’une grande beauté et la laideur de sa réalité, la blessure et la mort. Traiter de ces contrastes m’intéressait.

Je fais une exception en ajoutant un lien vers le clip qui enrichit vraiment le texte. Comme Nicola Sirkis le chante, il incarne un soldat couché, serein, seul, il pense à une personne qui lui manque. Un couple âgé ne le voit pas et explore le lac, partageant un moment romantique.

 

On aime la voix, la plume, le look de Nicola Sirkis ou on les déteste. Indochine incarne « une adolescence éternelle » dans le sens où le groupe évolue, demeurant imprévisible, indéfinissable ; Sirkis reste lui-même tout en restant artiste, ne s’enferme pas, conserve la liberté d’apprendre et de créer. Nicola Sirkis est musicien. Il est lecteur. En effet, je n’ai mentionné que les exemples les plus clairs mais il parle de livres tout au long de Kissing my songs. Il est auteur. De chansons, bien sûr, mais aussi d’un recueil de nouvelles et d’un carnet de route d’une de ses tournées :

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Connaissez-vous des musiciens lecteurs ?

 

Livres et musique : wishlist

Bonjour !

Comme je suis lancée dans une série d’articles en lien avec la musique, je vais partager avec vous une liste (non exhaustive) de quelques idées de lecture qui me trottent dans la tête.

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  1. Confessions d’une groupie de Pamela des Barres.

J’ai très envie de lire le témoignage de Pamela des Barres, une groupie qui a suivi plusieurs groupes de rock dans les années 60 et 70. Elle a écrit plusieurs livres dans lesquels on peut suivre son évolution, en même temps que celle de quelques groupes mythiques.

couv17140935.jpg2. Just kids de Patti Smith.

J’ai beaucoup vu M Train en librairie… Patti Smith raconte le rock, mais aussi New York dans les années 60-70. Encore un livre avec une certaine valeur historique.

510UudQJluL._SY346_3. La Sonate de l’anarchiste d’Etienne Guéreau.

A la fin du XIXe siècle, à Paris, un pianiste compositeur est sollicité pour faire diversion pendant que la police cherche des preuves pour démanteler un réseau d’anarchistes.couv20963171.jpg4. La saga Stage Dive de Kylie Scott.

Sur un ton plus léger, ces derniers temps, je croise souvent des chroniques autour d’une série en quatre volumes qui raconte les romances (dans l’ordre) du guitariste, du batteur, du chanteur et du bassiste d’un groupe appelé Stage Dive. Je n’en attends rien d’un point de vue littéraire mais cela pourrait être divertissant.

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J’espère vous avoir donné quelques idées ! Avez-vous lu un de ces livres ? Ou envie d’en lire un ? Avez-vous d’autres livres liés à la musique à suggérer ?