Poser nue à la Havane, Anaïs Nin à Cuba, Wendy Guerra

Bonjour !

En parcourant les articles de BDP, vous pourrez remarquer que l’histoire de Cuba est un de mes centres d’intérêt, notamment avec ma chronique sur 33 révolutions de Canek Sanchez Guevara. De plus, cette année, j’ai évoqué ma lecture de Henry et June, une partie des journaux d’Anaïs Nin (EN) (FR). Logiquement, en apprenant que l’auteure cubaine Wendy Guerra a écrit un livre sur une période qu’Anaïs Nin a passée à La Havane, je n’ai pu résister !

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Le roman le plus connu de Wendy Guerra est probablement Todos se van -travail à partir des ses journaux intimes qui a donné lieu au film Everybody Leaves– et son dernier roman, Dimanche de révolution, vient d’être publié en France pour la rentrée littéraire. L’auteure écrit principalement des histoires d’artistes cubains rejetés par leur société, dont l’oeuvre est bannie de Cuba, tout comme la sienne puisque, malgré sa reconnaissance internationale grandissante, Poser nue à la Havane est le seul de ses romans qui a été édité sur l’île.

Il n’est donc pas surprenant qu’elle ait choisi Anaïs Nin comme sujet. Cette-dernière avait des origines cubaines et a vécu en Europe (notamment en France) et aux Etats-Unis. Elle possédait une personnalité très complexe marquée par une imagination dévorante et le traumatisme de l’abandon de son père qui ont rendu ses relations fragiles et l’ont fait se réfugier dans la psychanalyse et l’écriture de journaux intimes tout au long de sa vie. C’est donc un personnage généralement mal compris par les autres et lui-même.

A l’âge de 19-20 ans (en 1922), Anaïs Nin avait rencontré Hugo Guiler, un riche américain. Leurs familles s’opposaient à leur amour, le milieu plus modeste dont était issue Anaïs Nin rendant inconsidérable leur union. La famille de Hugo l’a envoyé en voyage et celle d’Anaïs à Cuba, auprès de ses oncles, tantes et cousins, en espérant que la distance les aide à s’oublier et qu’Anaïs rencontre un bon parti cubain. Anaïs écrit à Hugo, qui lui répond à peine, et souffre énormément. Puis, elle découvre l’île de ses origines, ses quartiers huppés côtoyant la pauvreté, ses artistes, son désespoir et sa joie de vivre. Elle rencontre des personnages à part qui changeront sa vie et apprend à mieux comprendre qui elle est tout en cherchant la trace de son père à chaque coin de rue.

Wendy Guerra reprend quelques extraits des journaux de son sujet et les relie grâce aux recherches qu’elle a effectuées, pour tenter de reconstituer le moment où Anaïs est devenue une femme et le Cuba qu’elle a parcouru, au cours de la période de sa vie où elle a le moins écrit. Cette alternance peut être déstabilisante au début de la lecture, d’autant plus qu’Anaïs Nin est traduite de l’anglais et Wendy Guerra de l’espagnol, ce qui altère certainement le style original. Cependant, je me suis facilement attachée aux personnages et aux décors. L’aspect psychologique du roman crée parfois des longueurs mais la recherche perpétuelle d’Anaïs du sens de l’amour et de sa personnalité est fascinante.

Cette lecture permet d’en apprendre plus sur Cuba et son histoire, ainsi que sur une écrivaine importante du XXe siècle. En voyageant à travers le temps et l’océan, on retrouve des interrogations universelles.

I think my country is a learner. We learned together, my country and I, to understand each other, and walk forward. I write and think. Yes, my country is becoming another….

Wendy Guerra in Wendy Guerra desnuda en La Habana (14/10/2017), by Camila Cabrera Rodríguez.

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Des vents contraires, Olivier Adam

Bonjour !

Si vous avez vu ou lu Je vais bien, ne t’en fais pas, vous avez peut-être reconnu le nom de cet auteur…

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Depuis la soudaine et mystérieuse disparition de sa femme, Paul Andersen vit seul avec ses deux jeunes enfants. Un an plus tard, il est épuisé de lutter contre sa propre inquiétude pour les protéger. Il décide donc de prendre un nouveau départ en Bretagne, dans la ville où il a grandi. Cette reconstruction va de pair avec de nouvelles épreuves à surmonter.

Comme dans Je vais bien, ne t’en fais pas, les thèmes de la disparition d’un être cher et de la famille sont centraux et, pour les personnages, il s’agit de continuer à avancer sans comprendre l’événement qui a bouleversé leurs existences. Les deux romans partagent aussi une fin douce-amère, c’est-à-dire une scène de bonheur en famille mise en perspective par une révélation violente.

J’ai trouvé cette histoire émouvante et les personnages humains, avec des forces et des failles. Cependant, je n’ai pas dévoré ce livre à cause de quelques longueurs, dues au fait que le personnage principal soit suspendu entre deux parties de sa vie.

Bonne lecture !

Test/tag PKJ : la musique

Bonjour !

Joyeuse fête de la musique 2017 à tous !

Comme la musique est une des raisons pour lesquelles, pendant certianes périodes, je lis et écris moins, j’ai pensé qu’il serait intéressant de travailler cette thématique sur BDP. Pour commencer, voici un tag Pocket Jeunesse !

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1) Lisez-vous en musique?

Pas toujours, parce que la musique finit par l’emporter et me déconcentrer…

2) Si oui, quelle est votre lecture du moment et quelle(s) chanson(s) vous accompagne(nt)?

Kissing my songs est un recueil d’entretiens avec Nicola Sirkis, le chanteur d’Indochine, qui revient sur l’écriture de ses chansons… Donc j’écoute à nouveau Indochine !

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3) Citez un roman qui parle de musique.

J’ai lu Cette chanson-là de Sarah Dessen il y a très longtemps. C’est l’histoire d’une adolescente qui écoute en boucle la berceuse que lui a dédiée son père, qu’elle n’a jamais connu. Elle a grandi en regardant sa mère traverser cinq mariages ratés, aussi a-t-elle pris l’habitude de toujours rompre avant de s’attacher à quelqu’un… Jusqu’à ce qu’elle rencontre un musicien, etc. Rien de révolutionnaire, mais une lecture sympa pour une collégienne.

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4) Citez un héros/une héroïne de roman qui chante.

John Lennon, dans la biographie romancée de David Foenkinos (ma chronique est accessible ici).

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5) Avez-vous des souvenirs livresques associés à de la musique (une chanson qui vous fait penser à un livre…)?

J’ai l’habitude d’écouter une compilation très hétérogène enregistrée par ma mère sur une cassette pendant sa jeunesse à chaque relecture de mon premier roman.

Comme cela risque de ne pas vous parler, je vous suggère plutôt de (re)lire L’Attrape-coeurs de Salinger (ma chronique) en écoutant Who wrote Holden Caulfield? de Green Day (mon petit post) et Des fleurs pour Salinger d’Indochine (petit spoiler : un post sur cette chanson devrait apparaître bientôt sur BDP). J’aime me sentir entourée par mes deux chanteurs préférés qui ont été inspirés par ce livre !

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6) Citez un livre dont le titre évoque la musique.

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Je vous ai parlé de ce coup de coeur ici 😉

7) Citez un livre dont la couverture est explicitement musicale.

Désolée d’enchaîner avec un second piano !

Les Enfants de Willesden Lane de Mona Golabeck et Lee Cohen raconte l’histoire de Lisa, une enfant juive originaire de Vienne que sa famille envoie se réfugier en Angleterre en 1938. Là, malgré la guerre, elle n’abandonnera pas son rêve de devenir pianiste. C’est un livre jeunesse facile à lire et intéressant.

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8) Citez un personnage de livre qui joue d’un instrument de musique.

Dans Si je reste et Là où j’irai, Mia joue du violoncelle et Adam, son petit-ami, de la guitare.

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Ma chronique est ici !

9) Citez un roman pour lequel l’auteur propose une playlist.

Joker !

Bonne journée et à très bientôt pour de nouveaux posts musicaux 😉

Le Jour où le Diable m’a trouvée, April Genevieve Tucholke

Bonjour !

Aujourd’hui, je vais rapidement vous présenter un roman Young Adult ! La collection Black Moon chez Hachette est une référence du genre mais, malheureusement, plus je grandis, moins je suis assidûment leurs nouveautés. C’est donc un roman de 2014 que je voulais lire au moment de sa sortie qui s’est retrouvé entre mes mains par hasard…

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C’est le début de l’été dans la petite ville balnéaire d’Echo où Violet White vit seule avec son frère jumeau Luke. Sa grand-mère est décédée, ses parents sont partis en voyage et elle a besoin d’argent pour entretenir Citizen, la maison familiale. Jusqu’au jour où River West s’installe dans une dépendance au fond du jardin. Dès son arrivée, les phénomènes étranges se multiplient en ville. Si elle tombe rapidement sous son charme, Violet est assaillie de doutes : les récents événements inquiétants pourraient-ils être liés à la présence de River ? Peut-elle lui faire confiance malgré ses nombreux mensonges au sujet d’un passé mystérieux ? Est-il seulement un jeune homme ténébreux ou est-il plus différent qu’il ne le laisse paraître ? Est-il dangereux ? La grand-mère de Violet l’a toujours mise en garde contre le diable…

Mais au final le diable n’est pas présent dans le livre, ce n’est qu’une fausse alerte ! Cependant, il y a bien deux ou trois personnages dotés de pouvoirs dangereux, comme dans tout Black Moon qui se respecte. Lesdits pouvoirs sont originaux sans pour autant révolutionner le genre. Je salue par ailleurs les décors gothiques (manoir au bord de l’océan, cimetière, tunnel…) qui contribuent efficacement à l’atmosphère angoissante. Bien que le début me semble un peu mou, avec l’arrivée téléphonée du beau jeune homme différent qui s’intéresse à la jeune fille qui se veut décalée mais ressemble à toutes les héroïnes du genre (lectrice, pas très féminine, solitaire, aux réactions plutôt abruptes…), les pudeurs et fiertés des personnages -parfois agaçantes- préservent une intrigue pleine de suspense qui va crescendo, ce qui est un point positif. Ce roman se démarque du reste de la collection avec davantage de peur et de sang, et même une touche de sadisme vers la fin avec le personnage de Brodie, le plus intéressant à mes yeux. Les autres personnages sont différents les uns des autres et se complètent mais trop déjà-vus pour être attachants.

C’est un roman palpitant avec des secrets et mensonges, de la magie, des trahisons, de l’amour et de l’amitié qui remplit bien le cahier des charges du Young Adult en rajoutant une nuance plus sombre. Je le recommande aux lecteurs de YA qui recherchent un vent de fraîcheur mais, pour ceux qui en ont vraiment marre, je ne suis pas certaine que ce soit suffisant…