Le Vampire, John William Polidori (attribué à Lord Byron)

Bonjour !

Halloween approchant, j’ai décidé de consacrer un cycle d’articles dépassant la littérature au mythe du vampire. Mine de rien, Twilight (voici un lien vers mon tag sur le sujet)a crée chez moi une fascination durable pour cet univers, ce qui m’a entraînée vers un certain nombre d’autres oeuvres. Aussi, je souhaite partager des belles découvertes, et quelques unes plus décevantes, en espérant que certaines vous fassent frissonner !

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J’ai même tenté de créer un logo pour l’occasion!

Je ne suis pas suffisamment au point pour parler des folklores anciens donc je vais limiter le sujet à la figure du vampire que nous connaissons dans la fiction moderne, remontant au XIXe siècle.

Pour commencer, il me semble important d’évoquer ma lecture de The Vampyre, texte antérieur au Dracula de Bram Stoker.

Chronologie littéraire

Wikipédia attribue à cette nouvelle la naissance du vampire sophistiqué et charismatique, car The Vampyre date de 1819 et, attribuée à Lord Byron, elle a rencontré un certain succès au XIXe siècle. Carmilla de Joseph Sheridan Le Fanu a été publié en 1872, puis Dracula a fait son apparition en 1897 et est demeuré la référence, dans ce qui est devenu un véritable genre toujours présent dans toutes les formes d’art et de fiction.

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John William Polidori (1795-1821)

Genèse du texte

En 1816, le poète anglais Lord Byron, son médecin et secrétaire John Polidori, Mary Godwin (future Mary Shelley) et le philosophe et poète Percy Shelley passent des vacances au bord du lac de Genève. Pendant une soirée orageuse, le petit groupe lit et se met à écrire des histoires fantastiques. Frankenstein serait né à ce moment-là. Lord Byron écrit un fragment sur un vampire aristocrate, que Polidori terminera.

Le texte est retrouvé par un admirateur de Lord Byron qui reproduit ce voyage et obtient le manuscrit d’une dame qui les avait rencontrés. Dans une lettre de 1819 à l’éditeur où il décrit ce qu’il a appris en enquêtant dans les environ, il attribue le texte à Byron, mais ce-dernier et Polidori affrimeront que Le Vampire, une légende est l’oeuvre du médecin.

Ces circonstances de création mystérieuses correspondent bien à l’atmosphère du récit…

Résumé

Au milieu des cercles de la haute société que le retour de l’hiver réunit à Londres, on voit un seigneur singulier. Il reste mystérieux, ses actes semblent contradictoires et ses moeurs intriguent. Les personnes qui retiennent son intérêt et sa bonté se perdent. Terrifiant et captivant, il est invité dans toutes les maisons, car on s’ennuie beaucoup dans la société mondaine. Un jeune homme romanesque déçu par la fadeur de la réalité décide de suivre le seigneur dans un long voyage. Au fil du temps, des drames révèleront progressivement la nature de son compagnon. Le jeune homme, de retour à Londres, sombre dans la folie mais, même averti, il ne peut échapper au monstre, comme à une malédiction.

Où se procurer le livre

Aujourd’hui, j’ai trouvé ce petit texte difficile à obtenir, il faudrait commander le livre sur Internet -donc pénnaliser les librairies- et il me semble dommage de payer pour une oeuvre tombée dans le domaine public.

En français, j’ai eu la chance de le télécharger gratuitement depuis Lecteurs.com.

En version originale anglaise (avec la lettre à l’éditeur), j’ai trouvé un livre ancien numérisé (c’est très joli) sur Europeana.

Mon avis -enfin !

Vous l’aurez compris, je trouve cette histoire très intéressante ! On ne se focalise pas sur les caractéristiques et les crimes du vampire, mais sur son charisme et son mystère. Pourtant, c’est tout aussi efficace !

L’introduction relève des cas « réels » de vampirisme et met bien dans l’ambiance, même sans y croire. Puis, le corps du récit plonge dans une sensation de cauchemar et de cercle vicieux envoûtante.

Détail non négligeable, le texte est bref : environ trente pages A4 ! Alors, pour tous ceux qui s’intéressent de près ou de loin aux vampires, il serait dommage de s’en priver !

 

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Un coup d’aile, Vladimir Nabokov

Bonjour !

Aujourd’hui, je vais faire le bilan de ma lecture de deux nouvelles par l’auteur de Lolita.

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Tomber sur ce petit recueil m’a donné l’occasion de lire pour la première fois le célèbre auteur russe du XXe siècle.

« Un coup d’aile »

Dans une station de ski en Suisse, Kern, hanté par la mort depuis le suicide de son épouse, est captivé par l’éclat d' »Isabelle volante ». Elle est belle, énergique, aussi légère sur les pistes de ski et de danse. Une rencontre mystérieuse entraîne son dernier envol…

Etait-ce le fruit de l’imagination de Kern le menant au bout de son impuissance et de son désespoir ?

« La Vénitienne »

Simpson passe des vacances dans le château appartenant au père de son camarade d’université. Il y découvre un portrait qui le fascine au point de tomber amoureux de son sujet. M. Magor, également invité au château avec sa femme, raconte une histoire troublante : on pourrait entrer dans un tableau, pour vivre la scène qui y est figée. Attiré par la Vénitienne, Simpson ne peut s’empêcher de revenir la contempler jour après jour, jusqu’à traverser la toile.

Le fils du propriétaire aurait-il peint son ami sur le précieux tableau par défiance ?

 

Il s’agit bien de nouvelles fantastiques au sens où le lecteur se demande si les évènements qu’il découvre sont naturels ou magiques. Je suis restée… sceptique en refermant le livre.

Ces récits m’ont fait penser au Joueur de Dostoïevski (cliquez ici pour jeter un coup d’oeil à mon article sur le sujet) : on retrouve un lieu de villégiature comme cadre pour un jeune homme éprouvant une passion impossible envers une femme insaisissable qui le conduira à sa perte.

Voyager en poésie…

Bonjour !

Passer l’été à domicile est une parfaite occasion pour lire des oeuvres qui sortent de notre zone de confort. C’est pourquoi je vous propose une sélection de trois recueils de poèmes issus de langues et de cultures différentes, parfaits pour de petits moments d’évasion !

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Le premier livre que je souhaite présenter porte le titre d’un des poèmes qu’il contient : My life had stood a loaded gun (Ma vie avait fait face à un pistolet chargé ?). Il est publié en anglais dans la collection Little Black Classics des éditions Penguin et je le relis au fur et à mesure de ma progression en anglais. Emily Dickinson est une poétesse américaine de XIXeme siècle avec une histoire particulière : elle a principalement vécu recluse et la majeure partie de son oeuvre n’a été découverte qu’après son décès. Les poèmes du recueil sont assez sombres.

A precious, mouldering pleasure ’tis

To meet an antique book,

In just the dress his century wore,

A privilege, I think,

.

His venerable hand to take,

And warming in our own,

A passage back, or two, to make

To times when he was young.

Le second est en version bilingue russe-français, édité chez Harpo &. J’ai eu la chance de le trouver au salon Livre Paris qui portait, cette année, le thème de la Russie. Je dois avouer que je suis d’abord tombée sous le charme de la qualité matérielle de ce livre : couverture argentée, papier non coupé, encre bleue… Mais l’oeuvre, Volée blanche, d’Anna Akhmatova, a aussi été une belle rencontre inattendue. Les poèmes sont plutôt nostalgiques, avec une importante présence des thèmes de la nature et de l’amour perdu.

Tout te revient :Ma prière de chaque jour,

L’insomnie où je défaille,

La volée blanche de mes vers,

Le feu bleu de mes yeux.

Autre recueil confidentiel édité avec grand soin : Le Luth noir d’Alexandre Romanès dans la collection Entre 4 yeux des éditions Lettres Vives. Cet auteur, né dans une famille gitane en 1950, a aussi publié trois recueils de poèmes chez Gallimard. Mais celui-ci est fabriqué avec un très beau papier non coupé. Les textes sont souvent concis et en vers libres, donc simples et agréables à lire.

Si on n’a pas envie de relire un poème

c’est qu’il ne méritait même pas d’être lu.

Bon voyage !

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Photo by Rhema Kallianpur on Unsplash

 

L’Importance d’être constant, Oscar Wilde

Bonjour !

Oscar Wilde ne déçoit pas, son élégance et son piquant séduisent toujours. Après avoir lu Le Portrait de Dorian Gray (roman) et Le Fantôme de Canterville (nouvelle), j’ai découvert une pièce de théâtre du même auteur.

constant

Deux dandys utilisent des identités fictives pour couvrir leurs frasques et dettes londoniennes. Cependant, leurs mensonges les rattrapent lorsqu’ils se fiancent sous un faux nom… Avec des quiproquos savoureux qui rappellent Marivaux et des piques contre la légèreté des dandys, les moeurs étriquées et l’éducation des jeunes filles, c’est une pièce légère et fine.

« Vraiment, il est surtout absurde d’avoir des idées aussi arrêtées sur ce que l’on doit lire ou non. On devrait tout lire. Plus de la moitié de la culture moderne repose sur ce qu’on ne devrait pas lire. »

Pour clarifier l’intrigue assez complexe, voici la bande-annonce de l’adaptation avec Colin Firth, Reese Witherspoon et Judi Dench.

Je le conseille volontiers à ceux qui sont épris de l’époque victorienne !