Moon Palace, Paul Auster

Bonjour !

Aujourd’hui, je m’apprête à écrire quelques mots sur un roman américain… important.9782868698926_1_75.jpg

Ce roman parcourt les Etats-Unis et le vingtième siècle dans tous les sens autour du personnage narrateur de Marco Stanley Fogg, en quête de son identité. Il n’a jamais connu son père, il a perdu sa mère à l’âge de onze ans et l’oncle qui l’a élevé vient de mourir. Il se perd dans New York pour mieux se trouver, au fil de rencontres inattendues, dans les histoires des autres. Plusieurs récits tragiques s’enchâssent, les personnages se construisent et reconstruisent à partir de rien et le passé s’éclaire.

J’ai reposé ce livre plusieurs fois et ai mis longtemps à le terminer, mais je suis heureuse de l’avoir lu. Pour cause, on y trouve à la fois des aventures extraordinaires et des moments « page blanche » où les personnages sont perdus, ruinés, seuls et désolés dans les immenses paysages américains. C’est un hymne à la liberté et à l’indépendance, ainsi qu’un message d’espoir : quand tout semble perdu, on peut toujours compter sur soi pour écrire un tout nouveau chapitre de sa vie. Les personnages, entièrement paumés, sont très attachants.

Une grande lecture.

La Chute, Albert Camus

Bonjour,

Aujourd’hui, je vais vous présenter une des dernières -et des plus riches- œuvres d’Albert Camus. Publié en 1956, La Chute est un texte rendu plutôt difficile d’accès par son cynisme et son pessimisme.

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Ce roman est construit comme une longue tirade. Dans un bar d’Amsterdam, Jean-Baptiste Clamence fait la confession de sa vie. D’une noirceur limpide, il n’occulte aucun des méandres de ses idées et actions. Jeune avocat parisien, il travaillait à défendre son prochain sans le juger et menait une vie privée facile et agréable. Ses actes les plus altruistes étaient alors motivés par son plaisir égoïste. Néanmoins, après s’être refusé à secourir une personne en détresse au moment de son suicide, il se rend compte que lui aussi peut être jugé, car on ne peut échapper aux jugements des autres, ni vivant, ni mort ; ni bon, ni mauvais. Il décide donc d’inverser son rôle en se positionnant au banc des accusés. Il s’accuse publiquement des fautes de l’humanité afin de les renvoyer à ses interlocuteurs en espérant qu’ils prennent conscience de leurs propres méfaits. Finalement, il est inutile de chercher une rédemption puisque le bonheur de l’être humain réside dans l’acceptation de sa duplicité.

Pour ceux qui ont lu L’Etranger, j’ajoute que le juge-pénitent est plus coupable que l’assassin. Contrairement à Meursault, Clamence est gracié par la justice, mais il n’atteint pas la sérénité.

Très bref, ce livre regorge d’idées fortes et peut être lu, relu, interprété et réinterprété à volonté. Je le recommande à tous ceux qui souhaitent philosopher pendant quelques heures.

Le Vieux qui lisait des romans d’amour, Luis Sepulveda

Bonjour, bonjour !

Aujourd’hui, je vous propose un rapide point sur une lecture incontournable que je viens de terminer !

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« Antonio José Bolivar connaît les profondeurs de la forêt amazonienne et ses habitants, le noble peuple des Shuars. Lorsque les villageois d’El Idilio les accusent à tort du meurtre d’un chasseur blanc, le vieil homme se révolte. Obligé de quitter ses romans d’amour – seule échappatoire à la barbarie des hommes – pour chasser le vrai coupable, une panthère majestueuse, il replonge dans le charme hypnotique de la forêt. »

Ce roman est reconnu comme une « perle » de la littérature sud-américaine : il est court mais efficace. Sepulveda plonge ses lecteurs dans l’exotisme de l’Amazonie, avec son climat étouffant, sa nature luxuriante, la philosophie de ses peuples natifs et la grossière inadaptation de ses colonisateurs. Dans un environnement hostile au premier abord, le protagoniste apprend à respecter et comprendre la jungle et ses habitants, sagesse qui lui permettra de s’adapter à ce qui peut devenir écrin paradisiaque. On s’identifie facilement à la singularité du vieux, un survivant rusé et fort qui n’appartient pleinement ni à la forêt ni à la civilisation et qui laisse les mots l’émouvoir et l’interroger. Le livre est lui-même unique : on y trouve la magie d’un conte, l’intrigue captivante d’un policier et l’ironie d’une critique du colonialisme.

La postface de l’auteur apporte encore davantage d’intérêt au livre. En effet, on y apprend que Sepulveda a réellement rencontré les Shuars et on y découvre le récit de la « vie » du texte.

Avez-vous lu Le Vieux qui lisait des romans d’amour ? Si oui, qu’en avez-vous pensé ?

Vendredi ou Les limbes du Pacifique, Michel Tournier

Bonjour,

Quelques heures avant que mon prochain tag ne « tombe », voici une nouvelle chronique de lecture imposée… pour le meilleur et pour le pire!

Vous aurez deviné d’après le titre, il s’agit d’une version de l’histoire de Robinson. Jusqu’à la semaine dernière, je n’en avais lue aucune. Je ne pense pas être la seule à avoir entendu beaucoup de choses un peu confuses autour de cette histoire. Petit éclaircissement: Vendredi ou les limbes du pacifique est une réécriture de Robinson Crusoë, de Daniel Defoe, qui propose une interprétation psychologique de l’aventure sur une île déserte. Vendredi ou les limbes du Pacifique (1967) de Michel Tournier a été réécrit par son auteur pour l’adapter à un lectorat plus jeune : il s’agit de Vendredi ou la vie sauvage paru en 1971.

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J’ai simplement racourci le résumé de Wikipédia pour ne spoiler personne:

Robinson Crusoé, rescapé du naufrage de La Virginie échoue sur une île déserte. Épuisé par la solitude et le désespoir, Robinson oublie sa condition d’homme et se laisse aller à la nostalgie. Pour ne plus se rabaisser à ce niveau, Robinson décide de revenir à l’humain, en s’entourant de cérémonials dont la démesure fait le grotesque. Dans sa solitude, il philosophe. Robinson traverse plusieurs périodes de réconciliation avec la nature. Un jour, Robinson sauve fortuitement un Indien, condamné à mort par ses congénères. Il le nomme Vendredi d’après le jour de la semaine où il l’a recueilli, car ce nom n’est ni un nom d’objet, ni un nom d’homme. Mais Vendredi provoque accidentellement une explosion, détruisant ainsi toutes les constructions de Robinson. Robinson devra trouver un nouvel équilibre, entre la terre et le ciel…

En bref, c’est la plus belle lecture de mon été. Le récit est plein de rebondissements et de suspense, le style est raffiné, la réflexion philosophique fascinante. J’ajoute que cette édition est extrêmement bien construite. C’est un trésor à découvrir d’urgence, à condition d’avoir de minces bases en philosophie et l’habitude de textes très littéraires.

A bientôt!