La Camarguaise, Françoise Bourdin

Bonjour,

Aujourd’hui, je m’apprêtre à évoquer un de ces livres qu’on a tous oublié dans sa bibliothèque pendant plusieurs années… J’avais abandonné La Camarguaise jusqu’à découvrir sa sortie au format poche et décider de lui donner une nouvelle chance.

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Dans le Sud de la France, une jeune femme belle et vive doit faire des choix pour protéger les traditions qui lui sont chères tout en assurant le futur de sa famille et le sien. Pour sauvegarder la bastide familiale, le Biloba, au bord de la ruine, elle décide d’en faire un hôtel de luxe malgré les critiques de son entourage. Mais elle doit aussi aller de l’avant pour construire sa propre vie…
Si j’ai trouvé dépaysant cette plongée dans une vision -stéréotypée- de la Provence et de la Camargue traditionnelles et intéressant le personnage féminin indépendant et doué de force de caractère, le style et l’histoire ne m’ont pas semblé marquants.
Une lecture brève et peu exigeante, pertinente pour un voyage ou un week-end à l’intérieur.
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Soie, Alessandro Baricco

Bonjour !

Après une longue absence, me revoici pour partager avec vous un court texte raffiné. Ayant été emballée par Novecento : pianiste et Mr Gwyn, j’ai été heureuse d’écouter Soie sur YouTube en l’espace de deux heures. Ce roman a aussi été adapté au cinéma avec Keira Knightley.

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Le jeune Hervé Joncour, que son père destinait à être militaire, rencontre Baldabiou, qui changera son destin. Ce-dernier a développé la production de soie dans une petite ville du Sud de la France. Vers 1860, pour sauver les élevages de vers à soie d’une épidémie, Baldabiou charge Hervé Joncour d’aller acheter des œufs sains en Egypte puis au Japon. Il quitte sa chère épouse Hélène et découvre le « bout du monde ». Après un voyage long et périlleux, il rencontre un seigneur Hara Kei et sa jeune maîtresse. Suite au succès de cette expédition, Hervé retourne au Japon à quatre reprises. Il file un amour impossible avec la mystérieuse maîtresse de Hara Kei qui le détourne progressivement de sa vie en France. La guerre éclate au Japon et Louis Pasteur recherche un moyen d’enrayer l’épidémie, mais Hervé insiste pour faire un dernier voyage, même coûteux et dangereux.

J’ai retrouvé de nombreuses caractéristiques des autres œuvres de Baricco de ma connaissance :

  • L’importance du voyage plutôt initiatique, qui reste cependant voilé et secret car ce que le protagoniste y a découvert est indicible (la mort ?).
  • Un aspect musical avec un format court, une alternance de rythme entre des passages d’une lenteur sensuelle et quelques accélérations, une construction qui présente des boucles avec des fragments répétés, pareils à des refrains entre des couplets.
  • Des personnages finalement flous, seulement incarnés par leurs désirs et passions.
  • L’amour est impossible et reste suspendu dans le temps et l’espace même au-delà de la mort.
  • La chute est surprenante mais le personnage principal atteint une forme de sérénité avec un certain sens d’inachevé, de raté, d’imparfait (le sens de la vie ?).

Après la mer dans Novecento : pianiste et l’Angleterre dans Mr Gwyn, Soie m’a fait voyager sur la route de la soie du XIXe siècle. Le décor reste secondaire et dénué d’intérêt document mais les lecteurs avec de l’imagination resteront songeurs en refermant ce livre très ouvert…

Des amis si proches, Danielle Steel

Bonjour !

Les dernières chroniques étant consacrées à des lectures plutôt graves et exigeantes, j’ai décidé de lire quelque chose de plus familial et populaire, en espérant ramener un peu de soleil sur BDP…

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J’ai évoqué Danielle Steel dans la majorité de mes digressions (tags) sans jamais lui consacrer de chronique. Après avoir eu un coup de cœur pour son roman Princesse, j’ai lu quelques autres livres de Danielle Steel jusqu’à connaître le schéma narratif qu’elle utilise et commencer à m’ennuyer. Par conséquent, malgré la présence de plusieurs de ses romans dans ma PAL, je n’ai rien lu d’elle pendant quelques années. Certains d’entre vous savent peut-être qu’il s’agit d’une américaine ayant écrit plus de 80 romans plutôt classés dans les romances.

Quatrième de couverture : Ils s’étaient juré d’être toujours là les uns pour les autres.
Gabbie, Billy, Izzie, Andy et Sean, cinq enfants très différents, se sont rencontrés le jour de leur entrée à la maternelle. Depuis, ils sont inséparables. Leurs familles se rapprochent par la même occasion et la petite bande grandit dans ce cocon privilégié, insouciante de l’avenir.
A l’adolescence, leurs vies en apparence si parfaite sont bouleversées par des déchirements familiaux, des défaites, mais aussi des victoires. C’est leur amitié, toujours plus forte, qui les aide à surmonter les difficultés.
Après le lycée, chacun part étudier aux quatre coins des Etats-Unis. Désormais seuls, ils se retrouvent vite désarmés devant les nombreux défis de la vie adulte. Les choix sont plus difficiles, les risques plus importants, et le destin, qui longtemps les avait favorisés, semble s’acharner sur eux. Leur amitié est mise à rude épreuve, y survivra-t-elle ?

J’ai été agréablement surprise par la complexité du récit, supérieure à ce que j’avais déjà lu. La grande histoire d’amitié de ceux que la traductrice appelle le « Club des Cinq » est mise au centre de l’attention par rapport à l’histoire d’amour qui clôt le roman et les autres romances, satellites. Du côté positif, ce livre est légèrement différent des autres œuvres de Steel que je connais et je ne me suis pas vraiment ennuyée.

Des amis si proches est un roman d’apprentissage qui aborde différents problèmes de société auquel ses personnages sont confrontés : alcool, drogues, anorexie, deuil, dépression, orientation professionnelle, tout y passe. Les cinq jeunes souffrent de la pression générée par les attentes de leur entourage. Le sujet est important mais il me semble que le tragique est poussé trop loin, aux dépens de la vraisemblance. La deuxième partie du livre enchaîne les tragédies. Heureusement, cela reste très émouvant jusqu’au bout.

Comme je l’ai indiqué sur Livraddict, je pense que cette lecture mérite un 13/20 car j’ai passé un moment agréable avec des personnages attachants et une intrigue dénuée de longueurs bien que le roman présente quelques défauts.

J’ai pensé à faire un rapprochement avec Les Intéressants de Meg Wolitzer qui suit l’évolution d’un groupe d’ami jusqu’à l’âge adulte avec un peu moins de décès…

La Mare au diable, George Sand

Bonjour !

Après avoir relu ce petit classique français du XIXème siècle, je trouve important qu’il soit présent sur BDP. L’avez-vous déjà lu ?

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Germain est un brave laboureur veuf, à qui l’on conseille de se remarier pour le bien de ses trois enfants. Réticent à l’idée d’un mariage de raison, il accepte néanmoins de rendre visite à une veuve convoitée dans une région voisine, mais rien ne se passe comme prévu. Il accompagne une jeune fille de son village, la petite Marie, qui doit quitter sa mère pour travailler comme bergère dans une ferme. Les deux voyageurs partagent leur chagrin. Sur la route, ils trouvent le petit Pierre, un des fils de Germain, qui insiste pour participer au voyage. De lui dépendra le sort de ceux qu’il aime tant. Germain, Marie et Pierre se perdent près de « la mare au Diable », connue pour égarer les voyageurs dans la brume la nuit venue.

Sur la quatrième de couverture de mon édition, on peut lire :

Dédié à Chopin, ce bref roman champêtre a un charme inégalé. George Sand a vu le beau dans le simple. Elle chante, quelquefois en patois, les joies de l’amour, de l’enfance et du travail de la terre. Beaucoup d’amour et un peu d’idéalisme sont ses secrets.

Effectivement, dans La Mare au diable, on trouve une histoire d’amour épurée, beaucoup de tendresse et quelques détails sur des traditions disparues. Le coeur du roman se lit et se relit très vite et sans peine -je le recommanderais aux lecteurs de tous âges- et avec plaisir. La simplicité et le caractère bucolique du texte ne le rendent pas, à mes yeux, niais, naïf ni archaïque. Le récit, minimaliste, reste efficace. Cependant, j’ai tendance à m’ennuyer pendant les deux premiers chapitres -dans lesquels l’auteure explique la portée de son roman et brosse un portrait du laboureur à l’oeuvre- et les quatre chapitres de l’appendice -qui décrivent précisement une noce traditionnelle. On y apprend beaucoup, mais je trouve difficile de m’y accrocher tant c’est différent de la réalité actuelle.

Un petit livre essentiel…