Novecento : pianiste, Alessandro Baricco

Bonjour,

Objectif du jour : présenter efficacement un bref texte Italien qui n’en est pas moins important.

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Au cours d’un long monologue, le portrait d’un grand personnage est dressé. Comme un conteur, entrecoupé de musique, le protagoniste raconte sa rencontre avec Danny T.D. Lemon Novecento, un homme qui, officiellement, n’existe pas. Novecento est né en mer en 1900, entre deux siècles, entre l’Europe et l’Amérique, entre les deux vies de ses parents migrants. Abandonné sur le Virginian, il ne quittera jamais le bateau. Bercé sur l’immensité sauvage de l’océan entre le vieux continent et le Nouveau Monde, il est étranger à la cruauté de l’histoire (migrations, guerre). Pourtant, parmi les passagers, échantillons d’humanité, il découvre le monde entier. Sur les quatre-vingt touches de son piano, il magnifie son infinité. Seul, abandonné de tous, il s’épanouit dans son environnement restreint. Novecento renonce au monde, à tous ses désirs terrestres. Pur et impertinent comme un enfant, il joue, et c’est tout ce qui compte. Novecento : pianiste. Le récit se termine tragiquement sur un crescendo absurde et explosif.

Alessandro Baricco, critique musical, imagine la création absolument pure, indépendante, parfaite, plus belle que le monde entier. Ce livre virtuose crie la richesse de l’individu : Novecento, isolé de tout le reste, est exceptionnel en lui-même.  C’est un de ces ouvrages beaux à pleurer (mais écrits avec des pointes d’humour) dont on n’oublie jamais la lecture.

Littoral, Le sang des promesses /1, Wajdi Mouawad

Bonjour,

Voici une nouvelle chronique entre deux tags pour apporter un peu de sérieux au blog…

Cette pièce de théâtre dont je n’ai pas le courage de réécrire le titre était une lecture imposée dont je n’aurais jamais soupçonné l’existence!Wajdi-Mouawad--Littoral

Wilfrid apprend brusquement la mort de son père inconnu. Dès lors, il doit lui offrir une sépulture digne et devenir adulte. Pour lui, les sept étapes du deuil s’effectuent au cours d’un voyage initiatique, comme le titre l’indique, bordé de sang et de promesses et dirigé vers le littoral. Il décide d’enterrer son père dans son pays natal. Alors, il découvrira ses parents, sa naissance et ses origines en recherchant l’essence de son existence. Au fil de rencontres hautes en couleurs, il apprendra qu’il a eu une enfance protégée, mais que tous les parents freinent leurs enfants au moment de prendre leur envol. Ensemble, il s’affranchiront de leur famille, de leurs rêves d’enfants et enterreront le père pour commencer à vivre.

Il est important de savoir qu’il s’agit d’une oeuvre particulièrement exigeante et éprouvante. Pour cause, la pièce emplie de passages puissants. Je n’arrive pas à déterminer si, revenant en arrière, je la lirais. J’aurais préféré ne pas lire ou attendre quelques années pour lire quelques pages atroces, facilement traumatisantes. Les scènes les plus belles sont tout aussi marquantes mais ne suffisent pas à me faire recommander ce texte.

En bref, c’est une pièce de théâtre très riche à ne remettre qu’entre les mains de lecteurs adultes.

Pygmalion, Bernard Shaw

Bonjour!

Vous connaissez probablement My Fair Lady, mais saviez-vous que ce film était inspiré d’une pièce du dramaturge Bernard Shaw? Je l’ai seulement découvert cette semaine, car c’est le livre favori d’un nouvel ami!

Pygmalion est, selon Ovide un sculpteur qui tombe amoureux d’une statue qu’il a lui-même créée. Vénus, la déesse de l’amour, est indulgente avec sa passion et rend la belle statue vivante. Pour Bernard Shaw, c’est le professeur Higgins qui incarne Pygmalion. Higgins n’a pas besoin d’amour. Il se passionne pour les différences de classes et choisit la vendeuse de fleurs Eliza comme modèle. Grâce à une meilleure prononciation, le professeur pense en faire une dame de la société. L’essai réussit mais Eliza s’émancipe et prend sa revanche sur Higgins.my-fair-ladyJe me suis aperçue que mon exemplaire n’avait plus été emprunté depuis plus de dix ans, pourtant, la pièce n’a pas perdu de son charme. Pailletée d’humour et d’ironie piquante, elle est rafraîchissante. Les personnages sont terriblement attachants. Si l’histoire d’amour sous-jacente reste très discrète, elle n’en est que plus délicatement peinte. L’avantage du livre par rapport au film est sa fin vraisemblable et son épilogue qui offre une conclusion très intelligente. L’avantage du film est le jeu lumineux d’Audrey Hepburn et l’aspect musical, qui apporte de l’emphase au thème du son important dans l’histoire.

Une délicieuse découverte!

Ruy Blas, Victor Hugo

Bonjour à tous!

Aujourd’hui, j’ai envie de vous faire partager une pièce de théâtre qui m’a beaucoup plu! C’est une œuvre un peu « scolaire » et à la grandeur reconnue donc ma chronique n’a d’autre prétention que de la faire découvrir à ceux qui ne la connaîtraient pas encore…

Ruy Blas est un drame romantique présenté par Victor Hugo en 1838. Il a des sources historiques mais aussi une part d’invention de l’auteur. Le héros éponyme est un jeune homme pauvre qui devient le laquais d’un Grand d’Espagne (proche du roi) nommé Don Salluste. Ce-dernier, voulant se venger de la reine qui l’a fait exiler, demande à Ruy Blas de se faire passer pour son cousin don César pour s’introduire à la cour, y séduire la reine et la compromettre. Mais Ruy Blas et la Reine tombent amoureux. Alors, (attention spoil!) lorsque Ruy Blas découvre les mauvaises intentions de son maître, il l’assassine et, au cours d’un dernier entretien, avoue tout à la Reine et se suicide.

Dit comme ça, ça a l’air compliqué à lire mais j’ai beaucoup aimé! Premièrement, comme il s’agit d’un drame romantique, la pièce est affranchie des règles classiques, ce qui la rend plus « libre » et plus « naturelle »… Et puis, pour les fleurs bleues, c’est un régal! Personnellement, j’ai même largement préféré Ruy Blas à Roméo et Juliette de Shakespeare. J’ajoute que, pour découvrir Victor Hugo, c’est moins difficile que de se lancer dans Les Misérables.

Un bon moment que je recommande aux romantiques et aux amoureux de théâtre qui ont déjà une certaine expérience de lecture!

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Du fait qu’il existe une multitude d’éditions papier et d’adaptations -sur scène ou écran-, j’ai choisi de vous proposer l’affiche du film de 1948!

Je vous retrouve bientôt pour une autre chronique!